‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 364 sur 729 · Cf. Volz, Jùdische Eschatologie · texte numérisé non relu

Cf. Volz, Jùdische Eschatologie

comme de faux prophètes les gens qui prendraient sur eux d'annoncer a bref délai la fin du monde '. Sensible différence de perspective avec l'Évangile primitif; car Jean-Baptiste et Jésus ont dit, jusqu'au terme de leur prédication : « Le temps est proche ». Au lieu de dire que beaucoup seraient trompés par les faux Messies, trait qui doit venir de la source, Luc a mieux aimé prémunir ses lecteurs contre la séduction : « Gardez-vous de les suivre. »

On entendra parler de guerres et de bruits de guerres, c'est-à-dire de guerres qui auront lieu dans le pays ou dans le voisinage, et d'autres qui se passeront au loin, ou bien de guerres qui auront lieu dans le présent, et d'autres qui menaceront pour l'avenir. Il ne faudra pas s'en effrayer : cela doit être, mais ce ne sera pas encore la fin'2. On lit dans le troisième Evangile 3 : « Il faut que cela arrive d'abord, mais la fin ne viendra pas aussitôt. » Les mots « d'abord » et « aussitôt » n'ont pas été ajoutés sans intention par l'évangéliste. Comme les guerres n'avaient pas manqué depuis le temps de Jésus, et que Marc semblait dire que la fin suivrait immédiatement les guerres, Luc, pour plus de clarté, a pris soin d'indiquer qu'il ne devait pas en être ainsi, et il a tenu compte du retardement de la parousie 4. Les « révolutions » qu'il mentionne avec les guerres sont probablement, dans sa pensée, les événements compris entre la fin du règne de Néron et le règne de Vespasien. La reprise b : « Alors il dit », qui précède l'énumération des fléaux ne peut guère provenir de ce que Luc abandonnerait Marc pour suivre une autre source 6, car il paraît continuer à suivre le second Evangile ; elle est plutôt destinée à découper la perspective trop simple de celui-ci, en renvoyant les soulèvements de peuples contre peuples, et les autres fléaux, à un avenir plus éloigné que les guerres et les révolutions dont il a été parlé d'abord. Dans Marc et dans Matthieu, guerres et soulèvements sont le commencement des douleurs, et les préliminaires de la fin ; Luc paraît prendre à part les guerres et les révolutions, comme devant arriver « d'abord », parce qu'il les sait

Page 1