V. 12. avOptDJrdç xtç sùysvTiÇ
leurs prétentions. Mais, dans le récit parabolique, le prince n'appartient pas à la famille d'Hérode, et le pays lointain n'est pas l'Italie : l'homme bien né figure directement Jésus lui-même, tîls de David et fils de Dieu, quittant ce monde pour aller au ciel chercher l'investiture du royaume éternel qui s'établira sur la terre quand le Christ reviendra dans sa gloire. Sa naissance lui donne droit à l'empire qui lui sera confié \ ; il n'a rien d'un ambitieux ou d'un aventurier qui réclamerait, dans une intention égoïste, un pouvoir qui ne lui serait pas dû ; il est appelé à régner sur son propre pays, quand la Jérusalem céleste se substituera à celle de la terre, et que le royaume de David deviendra le. royaume de Dieu. Avant de partir, le royal prétendant fait venir dix de ses serviteurs, et confie une mine à chacun d'eux, avec ordre exprès de faire valoir cet argent pendant son absence, ou plutôt en attendant qu'il arrive", l'évangéliste songeant à la parousie. Cet ordre a été ajouté par Luc, car, dans la suite, on ne reproche pas au serviteur d'avoir contrevenu aux instructions qu'il avait reçues. La disproportion est sensible entre le rang du personnage et la somme qu'il distribue : que la mine en question soit la monnaie grecque de ce nom 3, ou l'ancienne mine hébraïque 4, la somme est chétive pour un roi, et la recommandation de faire valoir un si médiocre capital convient peu à sa dignité. Luc n'a pas voulu par là vanter la pauvreté de la première communauté chrétienne 5 : une mine est donnée à chaque serviteur, parce que la mine représente la grâce du christianisme, qui est la même pour tous. Le nombre des serviteurs est porté de trois à dix, et ces dix sont choisis dans un plus grand nombre qu'ils semblent représenter 6 , parce que trois serviteurs étaient trop peu pour un roi, surtout pour le Roi-Messie, qui a comme serviteurs tous les candidats au royaume céleste. Ces dix serviteurs peuvent être d'ailleurs un écho des dix vierges 7. Dans la