‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 451 sur 729 · Sur ce nom, cf. I · texte numérisé non relu

Sur ce nom, cf. I

livrer Jésus. Ils lui promirent de l'argent'1, et il fut convenu que le traître les avertirait quand il trouverait une occasion de le faire prendre, sans que la foule en eût connaissance 2.

Voilà ce que la génération apostolique savait de plus clair sur le sujet, et elle paraît l'avoir déduit du fait même de la trahison, qu'on trouvera plus loin raconté comme si le lecteur n'en avait pas été prévenu. Quant aux motifs particuliers qui ont décidé Judas, et aux détails de ses négociations avec les ennemis de Jésus, ni Judas ni ceux qui traitèrent avec lui n'en firent part aux disciples du Christ. La tradition primitive se contentait d'affirmer le fait. Dans la combinaison adoptée par Marc et par Matthieu, •il semblerait que l'incident de l'onction aurait particulièrement choqué Judas, et le quatrième Evangile 3 attribue à cet apôtre seul les paroles de blâme que Marc et Matthieu ont prêtées à certains disciples. Il ne s'ensuit pas néanmoins que cette scène ait réellement décidé le traître à la démarche qu'il fit près des ennemis de Jésus. Du moins le Sauveur ne dit rien qui puisse expliquer une semblable détermination 4, si Judas n'avait été disposé à la prendre, et l'on vient de voir que le rapport chronologique de l'onction avec la démarche de Judas est impossible à préciser. Étant donné le caractère adventice du récit de l'onction, la date qui maintenant s'y réfère, ne peut servir à prouver que Judas n'ait eu de relations avec les ennemis de son Maître que la veille ou l'avant-veille de la pâque. Ces relations furent secrètes, et il est peu vraisemblable que rien n'ait préparé l'arrangement définitif. Durant les jours où Jésus prêchait dans le temple, l'apôtre infidèle s'était trouvé en contact avec toutes sortes de gens, amis et ennemis du Sauveur. Quand il prit son parti définitif, il savait à qui s'adresser, et ceux qui reçurent sa confidence pouvaient le connaître ; peut-être même l'avaient-ils sollicité à la trahison qu'il ne craignit pas d'accomplir.

Que l'argent ait joué un rôle dans cette occurrence, il ne pouvait guère en être autrement. Mais ce ne doit pas être seulement par avarice que Judas livra celui qu'il avait appelé son Maître, et qu'il avait reg-ardé comme le Messie. Judas avait cessé de croire en Jésus.

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