‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 475 sur 729 · Cf. Mt. viii, 11 ; Le' xm, 29 ; I, 653, et supr. p · texte numérisé non relu

Cf. Mt. viii, 11 ; Le' xm, 29 ; I, 653, et supr. p

6. Cf. I Cor. x, 18. Holtzmann, 409, observe que Paul, I Cor. xi, 25, et Luc, v. 20, ont l'article to devant xoxrjpiov, par allusion à cette coupe pascale. Mais Luc ne l'a que d'après Paul, et celui-ci peut très bien dire « la coupe » sans allusion au rituel pascal, mais en ayant seulement en vue la coupe qui servait au repas commun : il y avait plusieurs pains, et c'est pourquoi il dit « la coupe ». Dans I Cor. x, 16, il rapproche « le pain rompu » de « la coupe de bénédiction », les désignant ainsi comme les deux éléments de la cène chrétienne, sans référence directe à la pâque juive.

été dites d'abord, à la dernière coupe du festin pascal *. L'explication de l'incohérence doit être cherchée ailleurs.

Il serait oiseux de discuter si Jésus a pris ou non un morceau du pain consacré, s'il a bu ou non le premier à la coupe qu'il présentait à ses disciples, puisque les textes sont muets à cet égard ~. S'il a suivi dans ce dernier repas, le rituel de la pâque, il a dû prendre sa part du pain et du vin. S'il ne l'a pas suivi, parce que la dernière scène n'était pas le festin pascal, il a probablement fait de même, car il agissait toujours comme chef de famille, présidant le repas commun. Le symbolisme de l'eucharistie, entendu selon l'esprit des évangélistes, n'exclut en aucune façon la participation de Jésus. Le Sauveur donne symboliquement à tous ses disciples son corps et son sang, pour effectuer et manifester l'union parfaite qui existe entre eux et lui. Or le pain et le vin eucharistiques sont la figure de cette union. La signifient-ils aussi complètement si le Sauveur lui-même ne prend d'abord un morceau de pain qu'il a rompu, et ne boit le premier à la coupe où vont boire les disciples? Le Christ n'est pas exclu de l'union qui se fait, en lui et par lui, de tous les fidèles en un seul corps participant à sa vie et à son salut. La participation du Christ à l'eucharistie ne serait exclue nécessairement que si l'on devait y voir3 un pur symbole de la nourriture spirituelle que les âmes trouvent en Jésus par la foi. Jésus donne cette nourriture, et ne la reçoit pas. Mais ce n'est pas ainsi que les évangélistes l'entendent : l'eucharistie est le symbole substantiel et effectif de l'union des fidèles en Jésus et avec lui, union qui s'accomplit maintenant d'une manière invisible, et qui apparaîtra dans l'éternité. « De même que ce pain rompu, lit-on dans la Doctrine des Apôtres4, a existé dispersé sur les montagnes, et a été recueilli en un, qu'ainsi ton Eglise soit recueillie des extrémités de la terre dans ton royaume. »

L'indécision de la perspective résulte de ce que, selon le fond historique du récit, Jésus à pris sa part des aliments bénits, bien

1. Holtzmann, 174, 409, semble incliner vers cette hypothèse. Schanz, Mt. 516, fait une distinction analogue.

2. B. Weiss, Mk. 215, Lk. 633, nie ; Holtzmann, 290, 409, J. Weiss, Lk. 617, etc. affirment.

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