xvi
5. Même procédé que dans l'addition de ix, 12 b (supr. p. 43), et qui trahit la même main.
contenir, en corrélation avec l'annonce de la trahison de Judas, celle de la défection des Onze, une protestation de Pierre, et l'annonce de son reniement. Le tout tendait visiblement à montrer que le Christ n'avait pas été surpris par sa destinée.
Pierre ne peut entendre dire qu'il abandonnera son Maître. Avec l'impétuosité naturelle de son caractère, et sans justifier autrement le reproche de présomption que lui ont fait souvent les commentateurs, il proteste qu'il restera fidèle *. Au fond, il ne soupçonne pas à quelle épreuve sa fidélité va être soumise. En disant qu'il ne succomberait pas à l'épreuve, quand même tous les autres devraient faiblir, le prince des apôtres n'a pas l'intention de porter un jugement défavorable sur ses compagnons ; il raisonne dans l'hypothèse que les paroles de Jésus viennent de suggérer à son esprit. Jésus combat cette prétention d'une volonté trop sûre d'elle-même, en annonçant à Pierre qu'il fera pis encore que tous les autres. En cette nuit même, avant qu'un coq ait chanté deux fois, Pierre aura renié trois fois celui à qui il se croit si fermement attaché 2. Dès que les coqs ont commencé à chanter, leurs cris se succèdent à intervalles rapprochés, avec une émulation d'autant plus vive qu'ils sont en plus grand nombre à portée de s'entendre. On pourrait donc supposer que Pierre, en moins de temps qu'il n'en faut à un coq pour chanter deux fois, aura nié trois fois qu'il soit disciple de Jésus : ce triple reniement se produira dans cette nuit même à l'heure où le coq chante, c'est-à-dire quelque temps avant le lever du jour. Cependant les commentateurs admettent volontiers que le double chant du coq marque le commencement et la fin de la troisième veille ou partie de la nuit, celle que Marc a lui-même appelée déjà « le chant du coq » 3. Telle doit être, en effet, l'idée de l'évangéliste, car le récit du reniement favorise plutôt cette interprétation.
Matthieu ne parle pas du double chant, et l'on a pu conjecturer que ce détail avait été ajouté par Marc, peut-être même dans Marc 4,
1. Me. 29. et xal rcàvTs; axav5aX'.a97]'aovTai, àXX'oùx I^m. Mt. 33, a Fair d'une paraphrase : si t.. a. iv aoi (cf. p. 547, n. 2), Èyw oùhsizozs axav§aXiaÔ7Jaop.a'.. Dans le fragment cité p. 548, n. 3 : xaî si tcoîvts; o[ùx èyw.]
2. Me. 30. à[Xïjv Xéyco uoi ov. au arj|x8pov raji/) tt} vuxtî. 7tpiv i\ 8iç âXsxfopa çwvïjaai Tpîç pis ânapv^'ar). Mt. 34, omet au a7)'p.îpov et Sic. Fragment cité : ô àXexxpuwv Sîj xox[xiiÇst xat au... xpt;' à[/:apv| rjar) a»]...