Sur le lieu ordinaire des séances, cf. supr. p
mais il ne prend pas la peine de dire qu'il s'agissait d'un procès et d'un jugement en forme. Après avoir superposé l'arrivée des sanhédustes à celle de Jésus et à l'entrée de Pierre dans la cour, il montre les juges sur leurs sièges et procédant à l'interrogatoire de témoins ' dont la présence à cette heure, chez Caïphe, est aussi inexplicable, pour le moins, et pas plus expliquée que celle du sanhédrin. Luc2, qui va raconter seulement le reniement de Pierre, débute avec plus de naturel en montrant Jésus que la troupe amène chez le grand prêtre, Pierre qui suit à distance et peut pénétrer jusque dans la cour, les gens qui allument du feu, et Pierre qui vient se chauffer avec eux. Soit pour simplifier la mise en scène, soit plutôt pour configer le récit de Marc, Matthieu3 semble dire que le sanhédrin était assemblé chez Caïphe lorsque Jésus y arriva. Tout est dont prêt pour le jugement, et l'on peut supposer, si l'on veut, que Caïphe avait convoqué l'assemblée dans la soirée : le tribunal aurait veillé en attendant l'accusé, ce qui n'est guère plus croyable que la venue des juges entre minuit et trois heures du matin.
Le tableau esquissé par Marc et reproduit par Matthieu constitue une sorte de triptyque dont les compartiments se dessinent vaguement, l'interrogatoire des témoins '*, celui de Jésus 5, et les violences qu'on lui fait subir" se succédant sans que le rapport logique des trois scènes s'exprime avec netteté. On dirait que les éléments de ce tableau ont été pris de divers côtés par l'évangéliste, et mal soudés ensemble. Or il se trouve que la première scène se déroule autour de la parole : « Je détruirai le temple, et je le rebâtirai en trois jours », parole que Jésus semble avoir réellemnent dite, et qui fut matière à discussion dans les premiers rapports de la communauté apostolique avec les Juifs ". La seconde scène encadre l'aveu de
1. V. 35. ot 8s àpycspsî; xat oXov fô auviSptov sÇrJtouv xatà rou 'Iiqaoû' fiaptupt'av Itç. to Ôavaxwaa'. aùrov, xaï oùx YjGptaxov.
2. V. 54. aoXXapMvxs; 3s aùrôv xrX. (supr. p. 592, n. 1). ô 8s Iietpoç rjxoXeifôet (jaxpoOsv. 55. JïtpiatJ>avTtov 8s rcûp y.z\. 56.îooucra 8s aùxov jcatStaxT) te; ztX. Cf. supr. p. 595, n.3.
3. V. 57 (cf. supr. p. 592, n. 2). JCpôî Kaïàçav tàv àp-/cspsa otcou oi ypa^pLareiç *at oi -psaj3-jTspot «vvrjyÔTjOav. Grâce à la construction artificielle de la phrase, Caïphe a l'air de représenter à lui seul la première classe du sanhédrin, les chefs du sacerdoce.