‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 570 sur 729 · Supr. xiv · texte numérisé non relu

Supr. xiv

gens qui sont avec Pierre auprès du feu, et leur dit : « Il en est ». Les mots: « le voyant' », ont été ajoutés par le rédacteur pour souder vaille que vaille le second reniement au départ, comme les mots : « vers le vestibule 2 », ont été ajoutés pour que Pierre, « sorti dehors », eût encore l'air d'être « dans » la maison. Les mots : « peu après », « encore » 3, sont pareillement destinés à faire durer l'incident et à accentuer la circonstance du triple reniement. Si on les supprime, on trouve que la remarque des témoins vient au mieux pour compléter celle de la servante. Celle-ci a dit à Pierre : « Tu étais avec Jésus de Nazareth », et Pierre a voulu esquiver cette assertion ; alors la femme a dit aux assistants : « Il en est », et Pierre, voyant le danger croître, a nié ; mais sa parole même trahit son origine, et les assistants s empressent de lui dire : « Mais si, tu es galiléen ». Cette fois, Pierre renie son Maître de toutes ses forces, et il s'en va promptement. Que devient-il ensuite? S'enfuit-il comme les autres, et reprit-il, dès ce matin même, le chemin de la Galilée, ou bien suivit-il encore à la dérobée les tristes événements de la journée, jusqu'au crucifiement et à la mort de celui qu'il avait le premier salué Christ, et ne se décida-t-il à quitter Jérusalem que le vendredi soir? On ne saurait le dire, bien que la dernière hypothèse soit la plus probable. Toujours est-il que, s'il y a quelque part dans le second Evangile un souvenir personnel de Pierre, c'est le récit du reniement en la forme où l'a trouvé Marc4. Ce qu'on lit, dans le récit actuel, sur le second chant du coq, le souvenir de la prophétie, la douleur de l'apôtre, appartient au travail rédactionnel.

Pour l'harmonie du récit, Matthieu, après le prenier reniement, conduit Pierre « vers la porte ' », ayant dit d'abord qu'il était « dehors dans la cour (i » ; à raison du déplacement, il suppose qu'une

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