‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 604 sur 729 · IIOLTZMANN · texte numérisé non relu

IIOLTZMANN

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A. Loisy. — Les Evangiles synoptiques, II. 42

Marc, xv, 21-39. Matth. xxvii, 32-54. Luc, xxm, 26-47.

La mort de Jésus fut la grande épreuve pour la foi de ses disciples. Cette foi fut assez puissante pour grandir en une occurrence qui aurait pu la détruire. Mais elle dut plus tard se justifier à ses propres yeux et se défendre contre les objections des Juifs. Elle s'est représenté la mort de Jésus comme il convenait à son propre idéal et au besoin de son apologétique.

Marc, xv, 21. Et ils requirent un passant qui arrivaitdes champs, Simon de Cyrène, père d'Alexandre et de Rufus, pour qu'il emportât sa croix.

Matth. xxvii, 32. Et Luc, xxm, 26. Et en sortant, ils trouvé- comme ils Femmerent un homme de Gy- naient, ayant pris un rêne, appelé Simon ; certain Simon de Cyils le requirent pour rêne, qui revenait des qu'il emportât sa croix, champs, ils le chargèrent de la croix, pour la porter derrière Jésus.

A Rome, le supplice de la croix1 était réservé aux esclaves. On l'appliquait aussi aux condamnés à mort qui n'étaient pas citoyens romains, aux voleurs de grand chemin, aux rebelles. Cette peine était regardée comme la plus infamante. Chez les anciens peuples d'Orient, la croix consistait en un simple poteau. Chez les Romains, elle avait de plus une traverse que l'on attachait horizontalement au sommet du poteau, et sur laquelle on clouait les bras du crucifié. Le poteau dépassait-il la traverse, ou bien celle-ci était-elle ajustée à l'extrémité du poteau? On ne saurait le dire. Il semble que, dans la croix de Jésus, le sommet du poteau dépassait la traverse, puisqu'on mit une inscription au-dessus de sa tête. Néanmoins cet argu-

1. Sur la croix et le crucifiement, cf. DB, I, 528-529 ; EB, I, 957-961 ; Brandt, 179-192.

ment n'est pas décisif, car on conçoit qu'une inscription ait pu être visible au-dessus de la tête de Jésus, même avec une croix en forme de T, car le corps du Sauveur était entraîné par son poids vers la terre, et sa tête pouvait être à un niveau plus bas que ses mains clouées. Une cheville plantée dans le poteau passait entre les jambes des crucifiés et 'soutenait leur corps. Mais on peut douter que cette cheville ait été placée de façon que les bras n'eussent rien à supporter et se trouvassent étendus tout droits le long de la traverse.

On ignore si Jésus fut chargé des deux morceaux de sa croix, mais il fut au moins chargé du poteau *. La flagellation avait épuisé ses forces. Gomme il succombait sous un fardeau trop pesant pour lui, les soldats prirent un passant, qui arrivait de la campagne, et l'obligèrent à porter la croix. La tradition à conservé le nom de cet homme : c'était un juif de Cyrène, appelé Simon 2. Ses deux fils, Alexandre et Rufus, étaient connus de la communauté chrétienne pour laquelle fut rédigée cette notice, peut-être vivaient-ils encore lorsque ce passage du second Evangile fut écrit. Il est donc tout à fait vraisemblable qu'ils embrassèrent la foi de Jésus , peut être après leur père lui-même; toutefois, leurs noms étant des plus communs, il n'y a pas lieu de les identifier avec l'Alexandre des Actes, ou celui des Epîtres à Timothée, et le Rufus de l'Epître aux Romains 3. L'indication qui les concerne paraît surajoutée dans Marc; elle a été omise par Matthieu 4 et par Luc5, comme dépourvue d'intérêt pour leurs lecteurs.

Rien ne prouve que Simon demeurât à Jérusalem. Il pouvait y être venu seul ou avec sa famille, pour la fête de pâque. Les soldats le mettent à réquisition comme il entrait en ville, arrivant de la campagne. On ne dit pas qu'il vînt de travailler dans un champ. Cette circonstance, alléguée souvent pour démontrer que le Sauveur

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