‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 612 sur 729 · Cf. Brandt · texte numérisé non relu

Cf. Brandt

AU GOLGOTIIA

l'usage romain. Il est probable que Jésus l'avait porté à son cou pendant le trajet du prétoire au Calvaire, ou bien qu'on l'avait porté devant lui. Marc ne semble pas considérer l'inscription comme purculièrement injurieuse à l'égard du supplicié ; il y voit ce qu'elle était en effet, un détail légal de l'exécution. Pilate, ayant condamné Jésus comme prétendant à la royauté d'Israël, rédige en conséquence l'écriteau d'infamie. S'il lui est venu en pensée que sa formule avait quelque chose de blessant pour les Juifs, et que, sans aggraver le sort de leur victime, elle jetait sur eux le ridicule, cette considération n'était pas pour l'arrêter. On peut se demander si le rédacteur du premier Evangile a compris le caractère officiel de l'inscription, car il semble y voir un caprice des soldats 1 .

Marc ne dit pas que l'écriteau avait été mis en haut de la croix, sans doute parce que ses lecteurs devaient naturellement le supposer. Toutefois, cette circonstance devait être bien connue dans la tradition, et relevée peut-être dans la source de Marc, puisque Matthieu et Luc s'accordent pour la signaler. Le troisième Evangile place décidément l'inscription parmi les marques de mépris qui furent prodiguées au Sauveur dans sa passion 2. Cependant elle n'avait pas été rédigée en vue d'ajouter le ridicule au supplice de Jésus ; mais Luc ne dit pas d'où venait l'inscription 3, et il ne semble pas croire que Pilate en soit responsable.

Marc, xv, 27. Et ils crucifièrent avec lui deux voleurs, l'un à sa droite, et l'autre à sa gauche. 29. Et les passants l'injuriaient en branlant la tête et disant : « Hé ! (toi) qui voulais détruire le temple, et le rebâtir en trois jours, sauve-toi toi-même, descendant

Matth. xxvn, 38.

Alors on crucifia avec lui deux voleurs, l'un à (sa) droite, et l'autre à (sa) gauche. 39. Et les passants l'insultaient en branlant la tête 40.. et disant : « Toi qui voulais détruire le temple, et le rebâtir en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es le

Luc, xxiii, 35. Et le peuple était là qui regardait. Et les magistrats se riaient de lui, disant : « Il en a sauvé d'autres; qu'il se sauve lui-même, s'il est le Christ élu de Dieu ! »

36. Et les soldats aussi s'approchèrent pour se moquer de lui, lui présentant du vinaigre

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