‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 665 sur 729 · Cf. Wernle · texte numérisé non relu

Cf. Wernle

le sépulcre: 729

Galilée, après le retour des apôtres dans leur pays. Autant la tradition galiléenne est vraisemblable, en elle-même et par la priorité de son attestation, autant elle est inintelligible comme interprétation corrigée de la tradition hiérosolymitaine. S'il y a une tradition qui tienne de l'histoire, c'est la tradition galiléenne ; s'il y a une tradition profondément influencée par une intention apologétique, c'est la tradition hiérosolymitaine de Luc, développée par Jean. En prenant les textes a la rigueur, on aboutirait à une contradiction absolue, parce que Luc ne veut rien connaître des apparitions galiléennes. Marc n'exclut pas de la même façon les apparitions hiérosolymitaines ; il donne seulement à entendre que la foi à la résurrection s'est constituée en Galilée ; s'il y a eu des apparitions à Jérusalem, elles sont venues plus tard et n'ont pas eu la même importance pour l'avenir du christianisme. Marc peut donc s'accorder avec Paul *, qui ne met certainement pas toutes les apparitions à Jérusalem, et qui probablement n'y met pas les premières. On n'en peut dire autant de Luc, dont la perspective, très limitée, d'apparitions hiérosolymitaines, ne peut s'adapter aux indications de l'Epitre aux Corinthiens. Luc partage seulement avec Paul le souci de joindre la preuve scripturaire au témoignage apostolique.

Ainsi l'on peut voir déjà quelle précaution s'impose à l'historien dans l'interprétation du troisième Evangile. Une transposition s'est faite qui rétrécit, quant au temps et quant au lieu, le cadre de la tradition primitive. Les contours de celle-ci n'étaient pas très nets ; mais la précision de Luc ne vient pas d'informations spéciales et plus sûres ; elle résulte de l'avantage qu'on a trouvé, pour la catéchèse et l'apologétique, à rapprocher le plus possible de la passion et de la résurrection les apparitions du Ressuscité. Ce parti pris aura eu pour conséquence inévitable une transformation et une adaptation des récits antérieurs. Il est infiniment probable, sinon certain, que Luc a connu Marc sans aucun récit d'apparition, comme paraît l'avoir connu Matthieu 2 ; mais il n'a pu manquer de connaître quelque relation écrite ou orale concernant les apparitions galiléennes. Vu ses procédés ordinaires de composition et la façon dont il traite la partie de son récit où on peut le contrôler par Marc, on

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