Cf. Wernle
est en droit de supposer qu'il a fort librement arrangé les matériaux dont il disposait.
Le discours des anges l fait allusion aux passages de l'Evangile où Jésus a prédit sa destinée2 , principalement au discours que Jésus a tenu à ses disciples avant d'arriver à Jéricho, bien que ce discours n'ait pas été prononcé en Galilée. On observe que « les hommes pécheurs » sont les Gentils, et que cette façon de parler pourrait être considérée comme un trait de source judéo-chrétienne 3 ; mais l'indice est fragile 4, et Luc impute aux Juifs bien plus qu'aux Gentils la mort de Jésus. Les femmes se souviennent des paroles alléguées par les anges, et qu'elles sont supposées avoir entendues, mais n'avoir pas comprises dans le temps où Jésus les a dites, bien qu'on n'ait point parlé d'elles à l'endroit où ces paroles ont été rapportées r'.
Dans le troisième Évangile, la crainte des femmes est dissipée par le discours des anges ; leur foi est sereine et complète ; elles s'en vont raconter aux onze apôtres et aux autres disciples tout ce qui s'est passé 6. La mention des « autres » est destinée à préparer l'histoire des disciples d'Emmaùs. Gomme Luc a voulu de nombreux témoins pour la mort du Christ 7, il en veut aussi une grande quantité pour la résurrection.
Les apôtres ne s'attendaient pas à la nouvelle, et ils ne veulent pas y croire : le discours des femmes leur paraît un radotage
1. V. 7. XIywv tôv uïôv tou àvôpwjiou ort Ss? napaooôrjvat sîç ysïpa; àvâptôrctov àp.ap- TtoXôSv xaî <TTaupwOT)vai xaî tjj Tpîrr] fyjJpa àvacrcr)vai. D, mss. lat. omettent àp.aptwXwv ; lat. a et Marcion omettent toute la formule tiç y. à. a. L'omission de àfiapTaXwv peut se justifier par le fait qu'on ne trouve pas ce mot dans les passages (infr. n. 2) auxquels se réfère Le. 7, et qu'il pourrait facilement 'avoir été ajouté par l'influence de Me. xiv, 41 (Mt. xxvi, 45).