‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 691 sur 729 · Bkandt · texte numérisé non relu

Bkandt

6. V. 17. satsv 81 ~pô; aù-uou;* tîvs; ot Xdyoi ouxot ouï àvct[3àXXeTE ^pô; àXXTJXout zepircaioûVce; ; xat £<jra9rjaav axuOpwnot (nAB). Texte reçu (Se. mss. lat. Vg.) : xat

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Cléophas prend la parole. Jésus lui a paru être un juif venu du dehors * pour la pàque, non un habitant de la ville sainte. Le disciple s'étonne : son interlocuteur doit être le seul étranger qui,. ayant passé les jours de la fête à Jérusalem, ignore le grand événement du vendredi, car s'il le connaissait, il supposerait bien qu'on parle de cette affaire -. Jésus s'informe, et les deux disciples commencent à raconter tout ce qu'ils ont sur le cœur : de quoi pouvaientils parler, sinon du prophète Jésus de Nazareth, qu'ils avaient connu, comme tout le monde, si puissant en œuvres miraculeuses, en discours enflammés et pénétrants 3 ? Certes Dieu et les hommes pouvaient être appelés en témoignage de ce que son ministère avait eu de merveilleux. Cependant les chefs du peuple juif « l'ont livré » à l'autorité romaine « pour le faire condamner à mort », et ils y ont réussi ; Cléophas dit même « qu'ils l'ont crucifié », conformément a la perspective créée par Luc dans le récit du jugement et de la passion 4. Ainsi avaient sombré les espérances que beaucoup fondaient sur lui. On croyait qu'il délivrerait Israël5.

Les disciples parlent comme des Juifs qui n'ont pas renoncé h l'idée du Messie national. Ce langage est conforme à celui qui est prêté à Zacharie et à l'ange Gabriel, dans les récits de l'enfance 6 ;. mais la conformité peut tout aussi bien s'expliquer par l'esprit de l'évangéliste et l'unité de la rédaction, que par la communauté de

èjte <t. ; D, ô ol sïjïsv t. o. X. o. o. à. n. éauroù; (Ss. Ss. mss. lat. om. aussi jcspc— rarouvTs;) uxuôpcoTiot ;

1. Il ne paraît pas nécessaire de supposer, avec B. Weiss, Lk. 681, que c'est à raison de son langage et de son accent.

2. V. 18. au [jlovo; rcapoixe?; 'IepouTaXrijj. xat oùx eyvw; ta yîvdpuva iv aù"fj Iv ratç rjiAÉpaiî tau-ai;; l'adjectif [ao'vo; détermine les deux verbes. Ss. l'omet et s'accorde avec Se. pour omettre également, à la fin du v., èv z. \. t. : « Tu demeures à Jérusalem, et tu ne sais pas ce qui s'y est passé ? » L, lat. comettent sv 9&f%,

3. V. 19. xat cl-êv auto?:- r.olx ; oi cil sLtav a&tfi' rà jïspl 'Itjuou toj NaÇaprjvoU, oî èyÉvsTO àvr# (plus. mss. lat. om. <xvr[p) Kpo^r^r^ (cf. Mt. xxi, 11 ; Jn. vi, 14-15), ouvaiô; Èv ipytti xal \6jm (tfD, Iv Xôy<>> xai spyw) êvav-t'ov (D, ivoiîttov) toîj Ô£o3 xat -avrôç tou Xao3.

4. V. 20. ojîa>; te Ttxpiôwxav aùrov oî apyuptîf xal oî ap/ovrsj (cf. xxn, 52; xxiii, 13, 35) fjfxàJv sî; xptjAa (cf. xxm, 40) ôavà-çou xal àaTaJpwiav aÙTo'v (cf. xxin, 1-2, 24- 26, 33, 35 ; Act. ii, 23; supr. p. 651).

5. V. 21. TjjJ-eïî oï qXftfÇôjuv (Ss. Se. : « nous pensions ») otc aÙTo'? iattv ô p£XX&>i» XvccpouaÔat tov 'IaparjX.

6. i, 32-33, 68 (il, 11, 32, 38); I, 289, 311 (350, 357,361). .

source *. Ce n'est pas la première fois 3, ni la dernière 3, que Luc prête aux disciples, par un sentiment assez juste de la réalité, les idées et les espérances de la communauté judéochrétienne. La désignation de Jésus comme le prophète dont on attendait la restauration d'Israël ne laisse pas d'être significative ''.

Maintenant les disciples ont peur que tout ne soit fini : voici le troisième jour depuis sa mort, et il semble qu'on doive abandonner toute espérance ; il est bien mort 5 ! On dirait que les disciples se souviennent au moins vaguement des prophéties que les anges ont rappelées aux femmes. Toutefois l'évangéliste ne leur fait pas reconnaître explicitement ces prophéties ; il leur fait seulement prendre jour depuis la passion, et l'allusion aux prophéties n'existe pas dans la pensée des disciples 6. La tradition apostolique affirmait avec trop d'énergie et de clarté que la résurrection du Sauveur avait été pour ses amis un fait inattendu, et Marc disait trop nettement que ceuxci n'avaient jamais compris 'avant l'événement ce que Jésus avait annoncé à ce sujet.

Un incident, continuent les disciples, s'est produit dans la matinée, qui aurait peut-être le caractère d'un heureux présage, mais on dirait qu'ils ne sont pas disposés à le prendre ainsi : des femmes, qui étaient attachées à Jésus, sont allées au tombeau et n'y ont plus trouvé son corps, elles ont dit avoir vu des anges qui leur ont déclaré qu'il est vivant ; des hommes sont partis à leur tour vérifier le fait ; ils ont trouvé le tombeau vide, et n'ont rien vu de plus 7.

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