‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 697 sur 729 · xvi, 12-1 3; infr. p · texte numérisé non relu

xvi, 12-1 3; infr. p

la manière de présenter l'apparition à Pierre ne semblait pas en harmonie avec les récits concernant le même apôtre, ou bien par suite d'un accident de copie, ou d'une méprise sur la formule : « Il est apparu à Simon. » L'addition du verset concernant la visite de Pierre au tombeau } serait en rapport avec la transformation du récit original, et l'on aurait voulu rattacher implicitement à cette visite l'apparition du Christ au prince des apôtres. Il faut avouer cependant que l'autorité du seul Origène ne saurait prévaloir contre tous les autres témoins du texte, d'autant que les passages où le docteur alexandrin nomme Simon comme compagnon de Cléophas ne permettent pas d'affirmer avec une entière certitude qu'il s'appuie sur la tradition authentique du texte, non sur la forme que présente la conclusion du récit dans le manuscrit de Cambridge, forme qui pourrait n'être qu'une altération, voulue ou accidentelle, de la leçon commune.

Ce qui paraît incontestable, quel que soit le rapport de l'histoire d'Emmaûs avec la vision de Pierre, c'est le caractère secondaire et symbolique de ce récit. Si l'on veut prendre tout à la lettre, il sera impossible de réfuter Renan 2, qui montre les deux disciples soupant avec un juif pieux et versé dans les Ecritures, qu'ils avaient rencontré sur leur chemin, puis oubliant sa présence et simaginant que Jésus est là qui rompt le pain, et se persuadant enfin, parce que leur compagnon s'est éclipsé pendant leur rêverie, que l'étranger et Jésus ne faisaient qu'un. Hypothèse fantaisiste, mais parce qu'elle méconnaît la véritable nature des données à interpréter. De même que la conversation de Jésus avec les deux disciples témoigne du travail qui s'est fait sur les Ecritures, au profit de la foi, dans la communauté apostolique 3, ainsi la fraction du pain et la disparition subite du Sauveur témoignent du rapport qui existe originairement entre la foi à la résurrection et la cène eucharistique. Le Christ est ressuscité : les Ecritures l'avaient annoncé. Il est vraiment vivant : on le retrouve « dans la fraction du pain ». La foi à la résurrection de Jésus et la foi à la présence du Christ au milieu des siens dans le repas de communauté se sont affermies en même temps. Tel est le fait général qui résulte assez clairement du récit de Luc,

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