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c'est-à-dire, après avoir tenu le discours qui vient d'être rapporté, « a été enlevé au ciel » ; mais, bien qu'il ait emprunté cette donnée au livre des Actes, il ne s'arrête pas à décrire l'ascension ; il en parle seulement comme du fait qui garantit l'entrée de Jésus dans la gloire céleste, où « il s'est assis à la droite de Dieu 1 ». Ce dernier point n'a rien de commun avec l'histoire : c'est l'état du Christ glorifié. De même, les disciples s'en vont, mais leur point de départ n'est pas précisément l'endroit d'où le Christ est monté au ciel, et ils ne s'en retournent pas chez eux , ils s'en vont prêcher partout, selon que Jésus le leur a commandé ; le Seigneur, de son côté, tient sa promesse en soutenant leur prédication par toutes sortes de prodiges'2.
Les données de Luc, touchant l'ascension visible du Sauveur et la conduite des disciples en cette circonstance, se transforment, pour ainsi dire, et s'idéalisent de façon à se confondre avec la sublime conception qui est exprimée à la fin du premier Evangile. Si l'on veut presser les termes, on ne saura pas où était le Sauveur quand il est monté au ciel, ou plutôt on sera obligé d'admettre qu'il est parti de la chambre où les disciples avaient pris leur repas, ce que l'auteur n'a certainement pas pensé.
La finale de Marc offre donc le même caractère que celle des deux autres Evangiles synoptiques. Son auteur, en associant les données de Matthieu et de Luc, "complétées par celles de Jean, a conservé aux éléments qu'il employait ce cachet de réalité idéale, ou d'idéalité concrète, qui appartient à tous les récits de la résurrection. Sous des apparences particulières, la mise en scène a, comme dans les autres Evangiles, une signification générale : c'est le Sauveur ressuscité qui a envoyé les apôtres prêcher partout, et c'est lui qui soutient leur prédication par de nombreux miracles.
Il y a quelques années, l'on a découvert, dans un manuscrit armé-
1. V. 19. ô [lïv ouv -/.jpto; (CKL et d'autres témoins ajoutent 'It]<jo-j;; un petit nombre ont 'Iy)<to'j; seulement, sans xjpto;) ilîto. tô XaXfjaxt aÔToï; àveXr^cpOï] 114 xov ojpavôv xaî èxaô'.Uîv èx SïÇtôSv to5 Qsou. Holtzmann, 18 i, remarque à bon droit l'analogie de ces formules avec celles du Symbole dit des apôtres. Elles procèdent d'Acr. 1, 9, 11; 11, 34-36 (Ps. ex, 1).
2. V. 20. èxsïvoi 8c £?£X0dvt£; èxrÎpuÇav 7cavxayo3, tou xupfou auvîpyojvTo; xai tov Xdyov jjEJSaïQyvco; 8tà twv àîîxxoXouOojvtfov OT]p.U(ov. Plusieurs témoins ajoutent àurjv. Les mots ffuvtpywv, pcjîaiouv, È-axoXou(ktv ne se trouvent pas dans Marc.
nien, une note critique où la finale du second Evangile est attribuée à un certain Ariston, en qui l'on a voulu reconnaître Aristion, le disciple du Seigneur, dont parle Papias d'Hiérapolis '. Qu'il y ait dans cette note une simple hypothèse, ou l'écho d'une tradition sérieuse ? touchant l'origine d'une partie au moins de la finale 3, il paraît incontestable que la conclusion du second Evangile a été écrite à une époque fort ancienne, et qu'elle a été recommandée d'abord par des personnes qui avaient quelque autorité pour la faire accepter. Ce morceau n'ajoute rien au contenu des autres Evangiles, mais il en donne une sorte de commentaire. La résurrection y apparaît de plus en plus comme un objet de foi, non comme un point d'histoire susceptible d'être raconté et discuté. « Bienheureux ceux qui croient sans, avoir vu ! » disait le Sauveur à la fin du quatrième Evangile '*. « Celui qui croit sera sauvé », dit encore Jésus dans la finale de Marc. La résurrection de Jésus est une croyance chrétienne, non un fait de l'histoire évangélique. Et s'il fallait y voir un fait d'ordre historique, on serait obligé de reconnaître que ce fait n'est pas garanti par des témoignages suffisamment sûrs, concordants, clairs et précis.
1. Conybeare, Expusilor, oct. 1893, p. 241-254; déc. 1895, p. 401-421. Le ms. des Évangiles où se trouve cette note appartient à la bibliothèque patriarcale d'Edschmiatzin; il a été écrit en 989; la finale de Marc s'y trouve par exception et en appendice ; car elle manque dans presque tous les anciens mss. de la version arménienne. L'hypothèse de Resch, II, 450-456, qui a voulu identifier « le prêtre Ariston » avec Ariston de Pella, n'a pas trouvé crédit auprès des critiques.
2. Voir sur ce point Zahn, E. II, 238-240; Holtzmann, 184; H. Weiss, Mk. 245; Rohrbach, 30-31 ; Harnack, Chronologie. 1,697-699.
3. Cf. supr. p. 794, n. 4. Conybeare, Rohrbach, Harnack attribuent à Aristion la finale entière. Holtzmann incline vers l'opinion de Zahn. B. Weiss ne se prononce pas.