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aux chrétiens; celles-ci n'ont de signification que par rapport au Christ glorieux, celui qui, après la résurrection, dit aux apôtres : « Je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles * ». Quand deux ou trois disciples s'associeront dans une prière commune, au nom de Jésus, ils seront exaucés, parce que Jésus est là où l'on s'assemble en son nom2. Ces assemblées au nom de Jésus sont les réunions des premières communautés : il n'existait pas de telles réunions pendant que Jésus prêchait. La portée de ces paroles n'en est pas moins considérable comme expression de la conscience chrétienne. Car le décousu de la rédaction donne à supposer que l'évangéliste groupe des pensées qui avaient cours autour de lui, et qui, conçues peut-être d'abord par des prophètes chrétiens, étaient adoptées comme formule de la foi commune.
Dans la dernière sentence, la communauté apparaît comme une société de prière, et non plus comme un organisme social. Il n'y a pas à inférer de cette circonstance que les deux ou trois qui prient peuvent aussi bien lier et délier, Jésus adressant ces promesses aux mêmes personnes3. Matthieu n'a pas prévu ces arguties; il dit simplement que, quand la communauté prie, Jésus prie avec elle et par elle, pour que Dieu l'exauce. Il n'avait pas besoin de dire que les décisions ne se faisaient pas comme les prières, et que, si la communauté jugeait par ses chefs, tous ses membres devaient prier eux-mêmes et ensemble. L'artifice de la rédaction fait que les apôtres semblent recevoir d'abord une promesse de pouvoir, qui les concerne comme chefs des communautés, puis une promesse d'exaucement, qui se rapporte aux chrétiens. Il est vrai seulement que l'idée de communauté l'emporte, dans l'esprit de l'évangéliste, sur la distinction des chefs et des simples fidèles.
Matth. xviii, 21. Alors Pierre, Luc xvn, 4. « Et s'il t'offense
s'approchant, lui dit : « Seigneur, sept fois le jour, et que sept fois il
combien de fois , si mon frère revienne à toi, disant : « Je me
m'offense, devrai-je lui pardonner? repens», tu devras lui pardonner. »