LES ÉLUS
dans les deux cas : la première porte est la pénitence qui donne accès au royaume de Dieu; la seconde est l'obstacle insurmontable qui s'oppose à l'entrée des impénitents dans le royaume une fois venu. La parabole met en scène un maître de maison qui, donnant un festin, et ayant reçu ses invités à l'heure dite, se lève pour aller fermer sa porte, puis s'abandonne à la joie avec ses amis; il ne se dérange pas pour ceux qui arrivent en retard, et les traite comme des étrangers inconnus.
Ce tableau paraît être un raccourci de la parabole des Dix vierges '. L'influence de cette parabole est surtout sensible dans le dialogue z qui se tient à travers la porte fermée : « Seigneur, ouvre-nous. — Je ne vous connais pas. » La forme parabolique n'en est pas moins abandonnée en certains endroits, puisque Jésus s'adresse à ses auditeurs : « Vous vous mettrez, étant restés dehors, à frapper à la porte », et plus loin : « Vous vous mettrez à dire. » En plaçant ces mots : « Tu as enseigné sur nos places », dans la bouche de ceux qui sont exclus du festin, il semble se désigner luimême comme le maître de la maison, ou plutôt comme chef du royaume descieux. « Retirez-vous de moi tous, ouvriers d'iniquité » n'est pas la réponse d'un père de famille qui ferme sa porte à des importuns, c'est la sentence du Juge qui livre les réprouvés au châtiment éternel. Ces ouvriers d'iniquité sont les Juifs qui n'ont pas voulu écouter Jésus. Tout le passage offre donc un mélange de données paraboliques avec une instruction, d'ailleurs bien conservée, que Matthieu a exploitée à la fin du discours sur la montagne 3 : il ne suffit pas d'avoir connu Jésus pour entrer dans le royaume descieux, si l'on n'a pas fait la volonté de son Père.
La parabole ayant tourné en allégorie, et les conviés qu'on chasse étant les Juifs incrédules et impénitents, qui seront, au jour du grand jugement, condamnés à la géhenne, on n'est pas étonné de trouver dans la conclusion la menace des supplices infernaux : « Là », c'està-dire dans le lieu où seront envoyés les réprouvés, « il y aura les