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3. V. 46. ô uîoç Tiuaîou BapTinaioç, t'j^Ào; 7Epo(iatTT)ç, âxàOïjTo rcapà tyjv o8dv. Plusieurs témoins lisent -poaatTwv (D, Inaixô/), et renvoient ce mot après tt)v ô56v. Ss. : « Timaï Bartimaï, homme aveugle, était assis au bord du chemin et mendiait. » Cette leçon du syriaque vient de ce qu'on n'a pas traduit ô uîôç ; on ne pouvait le traduire sans répéter deux fois Bar-ïimaï. On suppose que Mare a voulu expliquer le nom, mais la manière dont cette explication se présente
cf. m, 17 ; v. H, etc.) inviterait plutôt à voir une glose dans ô utôç Tvxxiou.
guérison, aurait pu n'être pas ignoré des premiers disciples, et rien n'empêcherait qu'il se fût conservé dans la tradition. Bien que Timée ait l'apparence d'un nom grec, il est possible que ce soit un nom sémitique légèrement modifié. En tout cas, l'on n'est pas fondé à chercher dans quelque étymologie incertaine ' un prétexte pour traiter comme fictif le nom de Bar-Timée, bien que ce nom, au fond, ne soit ni plus ni moins garanti historiquement que ceux de Jaïr et de Joseph d'Arimathée.
L'aveugle était assis, à son ordinaire, sur le bord de la route, quand il entendit le bruit d'une foule qui passait devant lui. Parun sentiment tout naturel de curiosité, il s'informe de ce que c'est, et on lui apprend que Jésus de Nazareth vient sur le chemin. L'aveugle avait sans doute entendu parler de Jésus, puisqu'il n'a pas besoin d'autre explication, et il se met à interpeller le Sauveur en lui donnant la qualité de Messie '. La réserve que Jésus imposait à ses disciples a donc cessé, puisque l'on commence à proclamer autour de lui qu'il est le Christ, sans que lui-même s'y oppose. On a dû dire à l'aveugle que Jésus de Nazareth était le Messie, puisque l'aveugle l'invoque par ce titre. Ceux qui l'ont dit croyaient certainement que le royaume de Dieu allait s'accomplir tout de suite, et cette circonstance jette un jour significatif sur les sentiments qui animaient Jésus lui-même. Lui aussi voyait l'avènement prochain, bien qu'il ne se dissimulât point le grand risque de la démarche qu'il faisait. On doit avouer cependant que l'acclamation messianique de l'aveugle n'est guère mieux préparée dans le récit que les déclarations des possédés pendant le ministère galiléen .
Matthieu fait parler et agir simultanément les deux aveugles '', comme plus haut les deux possédés de Gérasa, ou plutôt il s'est contenté de mettre au pluriel ce qui, dans la source, avait rapport au seul aveugle qui fut guéri à Jéricho. L'aveugle, tout en pro-
1. Cf. Schmiedel, E B. I, 491, qui se prononce contre l'interprétation symbolique. iND'û pourrait signifier « l'impur », mais non « l'aveugle », et c'est le père de l'aveugle qui s'appelait ">NG12.
2. V. 47. -/.al àxouàaç ot'. 'Irjaouç ô NaÇapïjvoç i<mv, rjpÇaro xoàÇsiv xat Xéyeiv 'uU AausîS 'Iirçaou, IXÉrjadv pc.
3. V. 30. -/.où tSoù o'jo T'jsÀoi (il est tout naturel que Matthieu laisse tomber le nom de Bartimée) x.aQrfusvoi 7tapà ty]v Ô5dv, àxojcjavT;; on 'Irjaouç -apâysi k'/pa^av XÉyovTeç" xûpis (omis dans N D), ikhpov /|[Jià;, uloç (B etc.; nCD, etc. : uU) Aauei'8.
l'aveugle de Jéricho 251
clamant la messianité de Jésus, demande sa propre guérison. Mais ses cris déplaisent à plusieurs personnes de la troupe, non sans doute qu'elles ne voulussent pas reconnaître Jésus pour le Messie, mais parce que cette déclaration leur semblait prématurée, et qu'elles la réservaient pour l'arrivée k Jérusalem, ou plus probablement parce que les cris de l'aveugle les importunaient, sans autre motif, et qu'elles auraient souhaité que la marche ne fût pas retardée par un arrêt du Sauveur près de cet homme. Mais l'aveugle ne se déconcerte pas pour si peu. Il ne.n crie que plus fort : « Fils de David, aie pitié de moi '. »
Jésus, qui était maintenant à peu de distance, entend sa prière, s'arrête et dit qu'on le fasse approcher. On l'avertit, et jetantson manteau à l'endroit où il se trouvait2, il vient près du Sauveur. Ces détails sont omis dans Mathieu, qui se contente de faire appeler les deux aveugles par Jésus. Selon sa coutume, le Christ, avant de guérir l'infirme, lui fait faire un acte de foi : « Que veux-tu que je te fasse? 3 » L'aveugle demande à recouvrer la vue, manifestant ainsi qu'il a une entière confiance dans le pouvoir de Jésus. Sans le toucher, comme il a fait pour l'aveugle de Bethsaïde, le Sauveur l'assure que sa foi est exaucée, et l'homme recouvre la vue, selon son désir. On infère de là 4 que ce n'était pas un aveugle de naissance, mais un homme qui avait une maladie d'yeux. Une fois guéri, il se joint à la foule qui accompagnait Jésus. Luc ajoute qu'il glorifiait Dieu, et que le peuple en fit autant : conclusion facile à déduire du fait luimême, et qui arrondit la narration •'.
Certaines particularités du récit de Marc, négligées par Matthieu, n'ont pas été non plus reproduites dans le troisième Evangile, à savoir le nom de l'aveugle, les paroles qu'on dit à celui-ci pour le faire venir près de Jésus, le manteau jeté sur la route. Ces omissions s'expliquent aisément dans un travail de seconde main, et il n'est pas nécessaire de supposer ,j que l'évangéliste aurait eu à sa dispo-
1. Dans Mt. 31, comme au v. 30, si ce n'est que xD ont aussi xûpie.
2. Me. 30. Au lieu de àmo^altôv , Ss. a lu imfiaktàv : l'aveugle prend son manteau au lieu de le jeter (cf. xi, 7).
3. Me. al (Le. \i). n'croi SéXeiç rcoi7]'<Ho ; Mt. 32. -î 0éXets rconfaci) ufxïv ;
't. Me. paP(3ouvt Matthieu et Luc remplacent ce mot araméen par xûpu , î'va xvx V/.É'i'o. V. 32. "/.xi ï'jOJ; àvÉ^Xs'iev.