‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 238 sur 726 · Par ex. B. Weiss, E · texte numérisé non relu

Par ex. B. Weiss, E

6. Dalman, I, 180-181. Si les évangélistes avaient eu en vue le sens étymologique, ils n'auraient pas hésité à écrire : cjwctov (xupiE); si, gardant le mot hébreu pour la couleur locale, Matthieu avait eu dans l'esprit l'idée de salut (awaov), il n'aurait pas fait suivre waavvà du datif; enfin la formule finale a visiblement le sens que Luc lui attribue, en traduisant : « gloire (à Dieu) en haut ». Cf. Ps. cxl-viii, 1. S'il s'agissait de salut, on demanderait qu'il vienne « d'en haut », L'explication par l'araméen XJ 3ftZTlN, sauve-nous », ne se soutient pas.

être imprudent de savoir mieux qu'eux si une telle acception est inadmissible, et de reconstituer l'acclamation de la foule, en supposant que la couleur messianique du récit vient seulement de la tradition '. La supplique Hosanna peut avoir été usitée comme acclamation joyeuse2. Dans cette hypothèse, le texte évang-élique ne présenterait plus aucune difficulté. En tout cas, il s'agit d'une salutation au roi d'Israël \

On dirait que Marc a voulu éviter la formule : « Hosanna au tils de David », peut-être parce qu'il ne la trouvait pas suffisamment claire pour ses lecteurs, et qu'il a voulu néanmoins expliquer, à sa manière, la filiation et la royauté davidiques du Sauveur, par ces mots : « Béni soit le royaume, qui arrive, de notre père David. » Il est difficile de ne pas voir là une sorte de paraphrase. Mais on peut se demander pourquoi l'évangéliste fait de David l'ancêtre d'Israël, et non spécialement du Christ : serait-ce avec intention, et pour ne pas suggérer l'idée d'une descendance réelle ? Dans Luc 4, les formules où se rencontre le mot Hosanna ont été remplacées par une doxologie qui rappelle le cantique des anges à la naissance du Sauveur 5, et qui n'est pas en rapport direct avec la circonstance. L'évang-éliste a pensé sans doute à la paix rétablie entre le ciel et la terre, ou plutôt à la paix acquise dans le ciel pour la terre, par la médiation du Christ G, si tant est qu'il n'ait pas voulu célébrer simplement la paix des bienheureux. Le parallélisme des deux membres de phrase concernant la paix et la gloire célestes inviterait à penser que la paix ne regarde pas plus spécialement les

1. Dalman, loc. cit. Le cri populaire serait représenté par Me. 9 : « Au secours, (Seigneur) ! Béni soit etc. » Wellhausen, Me. 93, dit que, par son origine, hosanna est un appel au roi II Sam. xiv, 4 ; II Rois, vr, 26), qui est devenu acclamation royale ; puis, quand l'acclamation fut adressée à Dieu, le roi, au lieu d'être salué sauveur, aurait été recommandé à la protection divine.

2. La Didaché, x, 6 : wiawi tS 9et3 Aa^îo, l'entend comme les évangélistes.

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