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3. Cf. Hab. ii, 11. Hyperbole analogue dans Le. in, 7 (Mt. m, 9).
premier Evangile, touchant les enfants qui crient Hosanna dans le temple '. Les deux récits ne doivent pas être tout à fait indépendants l'un de Vautre, bien que, dans leur forme actuelle, ils semblent appartenir respectivement aux rédacteurs qui les ont retenus. Mais on ne saurait dire si l'un procède directement de l'autre, ou si tous les deux viendraient d'une donnée traditionnelle qui aurait été exploitée en des sens divers par Matthieu et par Luc. La sobriété de celui-ci n'est pas une marque particulière d'originalité, car le rédacteur du troisième Evangile abrège désormais systématiquement les récits, comme s'il ménageait la place, afin de loger le plus de matériaux possibles dans cette dernière partie de son livre, et ce qu'il dit ici n'a pas un cachet particulier de vraisemblance. L'intervention des pharisiens n'est pas attendue sur le chemin de Béthanie à Jérusalem, quand le Sauveur s'avance au milieu de la troupe qui l'acclame. Mais le contraste est voulu sans doute pour la signification des deux petits tableaux dont l'évangéliste fait une sorte de dyptique : la foi et le cantique du peuple, écho du cantique des anges à Bethléem, figurent le triomphe du Christ et la conversion du monde, tandis que la remarque des pharisiens et la réponse de Jésus fait ressortir l'incrédulité, la jalousie et l'impuissance du judaïsme devant le succès chrétien 2. La scène de Matthieu est beaucoup mieux placée dans le temple ; mais elle pourrait avoir été créée de toutes pièces par l'évangéliste ou la tradition qu'il représente, étant visiblement conçue en vue du texte du psaume dont elle est censée l'accomplissement. Il y a donc chance pour que le récit de Matthieu ne vienne pas d'un récit pareil à celui de Luc, et pour que le récit de Luc soit, au contraire, une transposition et une adaptation de ce qu'on lit dans Matthieu.
Luc, xix, 41. Et quand il fut proche, apercevant la ville, il pleura sur elle, 42. disant : « Si tu reconnaissais, toi aussi, du moins en ce jour qui esta toi, ce qui te donnerait la paix ! Mais maintenant cela est caché à tes yeux. 43. Car viendront des jours pour toi, où tes ennemis t'environneront de tranchées, et t'investiront, et te serreront de toutes parts; 44. et ils te renverseront par terre, toi et tes enfants qui sont en toi, et ils ne laisseront pas de toi pierre sur pierre, parce que lu n'a pas reconnu le temps où tu étais visitée. »