‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 240 sur 726 · Holtzmann, 90 ; YVelliiausen, Me · texte numérisé non relu

Holtzmann, 90 ; YVelliiausen, Me

4. V.ll.xod £tafjX8sv ct;fl£poaoAu;jLa eîçTÔlepdv (Ss. :« Etils entrèrentà Jérusalem, et il entra dans le temple. » (Test le temple qui était le but de l'entrée à Jéru-

à Jérusalem depuis le commencement de sa prédication. Il faut qu'il y ait du nouveau dans la situation, pour expliquer l'attitude de Jésus. Cette nouveauté est l'exercice même de son ministère. Dans les pèlerinages qu'il avait pu faire antérieurement, Jésus n'avait contrôlé en aucune façon tout ce qui se passait dans le temple ; maintenant il observe, parce qu'il a qualité pour juger. Il fait la visite de Messie, et cette visite est la première.

Son retour à Béthanie pourrait faire penser qu'il y avait des connaissances. Ce retour était prévu dans le récit, puisque les disciples avaient promis de ramener l'âne. Il ne s'ensuit nullement que les propriétaires de l'âne aient été les hôtes de Jésus, ni qu'ils l'eussent connu antérieurement. Les gens chez qui le Sauveur a logé pouvaient tout aussi bien être en relation avec quelqu'un de ses disciples, à moins que Jésus lui-même n'ait cherché un gîte à Béthanie parce qu'il préférait ne pas loger à Jérusalem. On n'est pas obligé de supposer qu'il ait été en rapport avec Simon le lépreux dans les pèlerinages qu'il avait dû faire précédemment, comme simple particulier. Toujours est-il que Matthieu et Luc avec lui, soit d'après lui, soit d'après une source commune, ont omis le délai d'un jour qui est apporté , dans Marc , à la purification du temple, peut-être parce que ce détail, significatif pour l'historien, ne l'était aucunement pour eux. L'idée de la première visite sans résultat ne semble pas, en effet, se présenter comme un trait symbolique, mais comme une simple donnée de fait. On verra néanmoins que l'artifice rédactionnel qui introduit dans le récit le miracle du figuier desséché peut rendre suspectes les indications chronologiques de Marc. Le regard au temple fait pendant à celui que Jésus donne au figuier, et 1 affaire des vendeurs correspond à la malédiction de l'arbre. La tradition pourrait bien n'avoir fourni que le fait de l'entrée en Jérusalem, avec les prophéties accomplies, et l'indication générale touchant la retraite quotidienne de Jésus au mont des

salem, comme si Jésus voulait accomplir Mal. m, 1-3)- xat z£pijBXî-}â|j.£vo; -âvta (cela s'entend du temple, non de la ville, et du regard du juge, non du simple curieux), àtyk fjorj ouuyjç xrj; wpaç (si l'heure avait été moins avancée, Jésus aurait accompli l'acte messianique qui eut lieu le lendemain) ££fjÀ0£v -/.ta.. .Matthieu semble réunir Me. H a et 15; mais, il faut tenir compte de ce que Me. 11 6-14, vient en surcharge dans un récit qui amenait la purification du temple après le triomphe sur le mont des Oliviers.

Oliviers, en sorte que Luc représenterait plus fidèlement que Marc la source dont Marc lui-même paraît dépendre.

Au lieu du départ de Jésus, le rédacteur du premier Evangile a signalé la surprise des habitants de Jérusalem à l'arrivée du cortège qui accompagnait le Sauveur l. Conformément à la perspective générale de la narration synoptique, la population de la capitale ne connaît encore Jésus que par le retentissement de sa prédication galiléenne. Ainsi s'explique la question : « Qui est celui-ci? » et la réponse : « C'est le prophète Jésus de Nazareth. » Il est vrai, d'ailleurs, que si un grand nombre de personnes avaient déjà connu le Sauveur, il y en aurait encore eu, surtout à l'époque de la Pâque, où la ville était remplie d'étrangers, qui ne l'auraient jamais vu et qui auraient pu demander qui il était. Mais ce n'est pas ainsi que l'entend Matthieu. On remarquera que la foule ne dit pas que Jésus est le Messie. L'évangéliste aura choisi la déclaration qui lui a paru la plus conforme à la vraisemblance et aux antécédents galiléens de la prédication évangélique ; il n'a pas voulu dire que la foule qui vient d'acclamer Jésus fils de David ne le regardait pas comme le Christ promis. D'ailleurs, cette notice paraît avoir été conçue tout exprès pour remplacer ce que dit Marc touchant la première visite de Jésus au temple et son retour à Béthanie.

Luc, xix, 39. Et quelques-uns des pharisiens, (qui étaient) dans la foule, lui dirent : « Maître, fais taire tes disciples. » 40. Et répondant, il dit : « Je vous dis que, si ceux-ci se taisent, les pierres crieront. »

Luc a également substitué à la conclusion du récit dans Marc un incident particulier. Parmi la foule qui regardait passer le cortège de Jésus se trouvaient des pharisiens 2. Quelques-uns, scandalisés de ce que les disciples du Sauveur le saluent Messie, l'invitent à les faire taire. Jésus, avec la dignité qui convient à sa mission, donne raison aux disciples. La formule qu'il emploie :i est une sorte de proverbe qui marque la nécessité providentielle de ce qui arrive. Ces acclamations qui froissent les pharisiens sont voulues de Dieu, parce qu'elles sont l'expression de la vérité.

L'incident se présente comme un doublet de ce qu'on lit dans le

\. V. 10. /.où eîaeXOovTOç aùiou et? rIepoao'Xu[j.a èastaôri jràsa rt JtdXiç. Cf. n, 3; I, 365.

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