Mais dans xxu, 1, il s'exprimera comme Me. xn, I
<( Ecoutez une autre parabole ». Luc fait adresser la parabole au peuple ', bien qu'il suppose les prêtres présents ; il aura pensé, avec raison, que Jésus, qui vient d'opposer un refus net à leur question, ne s'est pas mis aussitôt à leur faire un discours. On ne peut donc voir 2 dans ce détail l'indice d'une source particulière.
Un homme avait planté une vigne. Marc et Matthieu décrivent, d'après Isaïe 3, les soins que le propriétaire en avait pris, l'entourant d'une haie, la pourvoyant d'un pressoir et d'une tour de garde pour le temps de la vendange. Ces traits marquent, dès le début, le caractère allégorique de la parabole. Jésus n'a pas accoutumé de puiser ainsi dans l'Ancien Testament la matière de ses récits. Les évangélistes, comme le prophète, entendent d'Israël ce qui est dit de la vigne, et le propriétaire est Dieu même. La haie, la cuve, la tour signifient en général ce que le Seigneur a fait pour son peuple. C est peut-être la difficulté d'y trouver un sens allégorique spécial, qui en a déterminé l'omission dans Luc, à moins que l'évangéliste n'ait jugé ces traits superflus, puisque ce n'est pas la vigne ici qui trompe son maître, mais les vignerons4, dont Isaïe ne parlait pas. Mais cette amélioration dans l'équilibre du récit ne prouve pas que la description de Luc soit primitive relativement à celle de Marc et de Matthieu. L'idée de la vigne et de ses fruits vient d'Isaïe; pour la facilité de l'application, l'Evangile suppose que les fruits n'arrivent pas au propriétaire par la faute des vignerons, en sorte que ce sont ceux-ci qui représentent le peuple, et que la vigne devient la religion fondée par Dieu en Israël.
Le maître s'absente !j et met sa vigne en location. Trait bizarre et qui le paraîtra davantage encore dans la suite. Un homme qui plante lui-même sa vigne n'est pas un seigneur qui peut faire de lointains voyages ; et supposé qu'il loue sa vigne, en partant pour l'Egypte,
1. Sa dépendance à l'égard de Me. 1 ne laisse pas d'être sensible, v. 9 :
fjpÇaio 8e rcpôç tàv Xadv (Ss. « à eux ») Xsyetv tï]v 7totpaPoXr)v TauTï]v. Luc suit Marc en le corrigeant. D, ïa^sv 8è ty]v ju. t.