CI*. Jûlicher
f». B, ûaxspoç ; D, 'sV/axo; ; mss. lat. « novissimus ».
avait voulu euvoyer ses deux fils à la vigne, il les aurait appelés tous les deux ensemble ; il est censé n'avoir besoin que du travail d'un seul, et il s'adresse au second parce qu'il a été rebuté par le premier; s'il avait obtenu un oui pour commencer, il serait resté tranquille sur cette assurance; l'histoire a la plus mauvaise tournure s'il faut supposer que le père, ayant reçu un oui, s'aperçoit ensuite que son fils n'est pas parti, s'adresse à l'autre, reçoit un non, et reste au dépourvu jusqu'à ce que le second change d'avis. Une seule hypothèse rend le récit intelligible : le père reçoit d'abord un non, et va chercher un oui qui le met en repos; il ignore provisoirement ce qu'ont fait ses deux fils, et si son ordre a été exécuté par celui qui l'avait rejeté d'abord, non par l'autre; quand il sera instruit, il appréciera la conduite de ses (ils comme tous ceux qui entendent cette histoire; mais le récit ne va pas jusque-là, parce que la morale en est acquise auparavant. La correspondance du fils qui dit non et obéit ensuite, avec les pécheurs qui arrivent les premiers au royaume, est toute naturelle, et rien n'oblige à supposer qu'elle aurait été créée par une manipulation arbitraire du texte. Pour rendre compte de la transposition, il n'est pas nécessaire d'imaginer une explication allégorique non contredite par le contexte, vu que les anciens interprètes n'y regardaient pas de si près; beaucoup d'entre eux ont vu dans le fils qui va à la vigne le type des Gentils, dans le fils qui n'y va pas le type des Juifs. La transposition pourrait donc avoir été occasionnée parce motif. D'autres hypothèses sont admissibles. Les témoins fort anciens qui nomment d'abord le fils qui dit non, et qui font déclarer par les Juifs que le fils obéissant est celui qui a dit oui, ont voulu que les Juifs avouassent publiquement leur hypocrisie. Cette combinaison n'est point primitive, et elle a quelque chose de mesquin ; quand même on voudrait que les pharisiens eussent dit faux tout exprès pour prévenir les conclusions que Jésus aurait tirées du vrai, 1 erreur et l'immoralité de la réponse devraient être relevées par le Christ, qui cependant fait l'application de la parabole comme si on l'avait bien entendue. Mais cette bizarrerie, une fois introduite dans le texte, provoquait une correction, et cette correction a pu être faite en mettant le fils qui dit non après celui qui dit oui, de façon (pie la réponse des Juifs : « c'est le dernier », demeurât vraie l.
1. Jùlicher, II, 37S. Cf. YYellhausen, Mt. KM), qui explique ainsi la leçon de B, mais en tenant pour authentique celle de D, Ss. etc.
30 i LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES
Marc, xii, 1. Et il se Matth. xxi, 33. Luc, xx, 9. Et il se mit à leur parler en pa- « Ecoutez une autre mit à dire au peuple raboles : « Un homme parabole. Il y avait un celte parabole : « Un planta une vigne et chef de maison qui homme planta une l'entoura d'une clôture, planta une vigne; il vigne, il la loua à des il creusa une cuve, bâ- l'entoura d'une clô- vignerons, et il s'en alla lit une tour; il la loua ture, il y creusa un en pays étranger pour à des vignerons, et s'en pressoir, il y bâtit une un long temps. 10. Et alla en pays étranger, tour, il la loua à des dans la saison, il envoya '2. Et il envoya vers les vignerons, et s'en alla vers les vignerons un vignerons, dans la sai- en pays étranger. 34. serviteur, pour qu'il lui son, un serviteur, pour Et quand la saison des donnassent du fruit de cju'il reçût des vigne- fruits approcha, il en- la vigne. Mais les virons (une part) des voya ses serviteurs vers gnerons, après l'avoir fruits de la vigne. 3. les vignerons, pour battu, le renvoyèrent à Et s'étant saisis de lui, recevoir ses fruits. 35. vide. 11. Et il envoya ils le battirent et le Et s'étant saisis de ses encore un autre servirenvoyèrent à vide. 4. serviteurs, ils battirent teur ; et l'ayant aussi Et derechef il envoya celui-ci, tuèrent celui- battu et outragé, ils le vers eux un autre ser- là, et en lapidèrent un renvoyèrent avide. 12. viteur, et ils le frap- autre. 30. Derechef il Et il en envoya encore pèrent à la tête et l'ou- envoya d'autres servi- un troisième, et, après tragèrent ; 5. et il en teurs plus nombreux avoir blessé aussi celuienvoya un autre, et ils que les premiers, et ils là, ils lechassèrent. 13. le tuèrent; et plusieurs les traitèrent de même. Et le maître delà vigne encore, dont il battirent 37. Et enfin il envoya dit : « Que ferai-je ? les uns et tuèrent les vers eux son fils, di- J'enverrai mon fils bienautres. 0. 11 avait en- sant : « Ils auront des aimé ; peut-être aurontcore un iils, qu'il ai- égards pour mon fils. » ils des égards pour mait; il l'envoya leder- 38. Mais les vignerons, lui. » 14. Et en le nier vers eux, disant : voyant le fils, se dirent voyant, les vignerons, « Ils auront des égards entre eux : « C'est délibérèrent entre eux, pour mon fils. » 7. Mais l'héritier. Allons, disant: « C'est l'hérices vignerons se dirent tuons-le, et nous aurons tier. Tuons-le, pour entre eux : « C'est l'hé- son héritage. » 39. Et que l'héritage soit à ritier. Allons, tuons-le, s'étant saisis de lui, ils nous. » 15. Et le jetant et l'héritage sera pour le jetèrent hors de la hors de la vigne, ils le nous. » 8. Et s'étant vigne et le tuèrent. 40. tuèrent. Que leur fera saisis de lui, ils le Lors donc que le maître donc le maître de la tuèrent et le jetèrent de la vigne viendra, vigne? 16. Il viendra et hors de la vigne. 9. Que que fera-t-il à ces vi- fera périr ces vignefera le maître de la gnerons? » 41. Ils lui rons, et il donnera la
yigne? Il viendra et dirent : « Il fera périr vigne à d'autres. » Et fera périr les vignerons, misérablement ces mi- entendant cela, ils diet il donnera la vigne sérables, et il louera sa rent : « A Dieu ne à d'autres. 10. N'avez- vigne à d'autres vigne- plaise !» 17. Et lui, les vous pas lu cette Ecri- rons, qui lui remet- regardant, dit : « Que ture : « La pierre tront les fruits en leur signifie donc cette Ecriqu'ont rejetée ceux qui saison. » 42. Jésus leur ture : « La pierre bâtissaient est devenue dit : « N'avez-vous ja- qu'ont rejetée ceux qui la pierre d'angle. II. mais lu dans les Ecri- bâtissaient est devenue Elle l'est devenue par tures : « La pierre la pierre d'angle? 18. la volonté du Seigneur, qu'ont rejetée ceux qui Quiconque tombera sur et elle est admirable bâtissaient est devenue cette pierre sera brisé, à nos yeux? » la pierre d'angle; elle et celui sur qui elle
l'est devenue par la tombera, elle l'écrase-
volonté du Seigneur, et ra. »
elle est admirable ànos yeux? » 4.3. en produira les fruits. 44. [Et celui C'est pourquoi je vous dis que le qui tombera sur cette pierre sera royaume de Dieu vous sera ôté, et brisé ; et celui sur qui elle tombera, qu'il sera donné à un peuple qui elle l'écrasera.] »
L'entrée en matière varie dans les trois relations. Marc annonce l'apologue en disant que le Sauveur, après avoir réduit au silence les membres du sanhédrin, <> se mit à leur parler en paraboles ' ». La transition est artificielle, et sert à introduire un morceau qui n'est pas en rapport avec la circonstance : la question des sanhédristes était naturelle ; la réponse que Jésus leur a faite l'était aussi ; mais ni cette question ni cette réponse ne justifient une prédication annonçant que le Christ sera tué par les Juifs ; après l'échange de propos que Marc vient de raconter, il n'y a place que pour la séparation des interlocuteurs. La formule « en paraboles » équivaut à « paraboliquement », et ne se réfère en aucune façon à plusieurs paraboles que Jésus aurait prononcées en cette circonstance, comme si Marc visait les trois paraboles de Matthieu. Mais la locution de Marc a pu suggérer à Matthieu l'idée d'ajouter d'autres paraboles à celle du second Evangile. Ayant inséré auparavant la parabole des Deux fils, Matthieu se contente d'annoncer un second morceau 2 :
1. V. 1. /.ai rjp;aTo aùxoï; Èv Tzaca^oXaiç XaXeïv (Cf. ni, 23; iv, 2). Ss. omet ay-oï;.