‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 365 sur 726 · J. Weiss, loc. cit · texte numérisé non relu

J. Weiss, loc. cit

bien compte de l'addition pratiquée par celui-ci, avant sous les yeux la source où Marc avait puisé. Il a certainement pensé à Etienne ' et à Paul, en écrivant que le Sauveur donnerait à ses témoins une éloquence à laquelle leurs adversaires seraient incapables de résister. Enfin il développe la leçon de la patience, en écrivant : « Pas un cheveu de votre tête ne se perdra 2 ; c'est par votre patience que vous gagnerez vos vies 3 » pour l'éternité.

Ces changements accentuent une sorte de contradiction qui était déjà dans Marc. Celui-ci avait commencé par dire que les croyants seraient tués, puis il les montre détestés, et finalement sauvés. Lue aussi vient d'affirmer que nombre de tidèles seraient mis à mort : comment auront-ils tous la vie sauve, et ne seront-ils pas même exposés à perdre un cheveu ? L'évangéliste n'a pas voulu dire que celui qui aura persévéré dans la foi, supporté vaillamment les persécutions, subi la mort, sera exempt de tout dommage spirituel, et admis d'emblée au royaume des cieux 4. Le sens parait être, au contraire, que celui qui aura eu la patience d'attendre la fin sans se décourager se tirera parfaitement indemne de toutes les difficultés et de toutes les poursuites ; il sera conservé pour l'avènement du règne de Dieu 5. Cependant, l'auteur sachant bien que beaucoup d'apôtres et de chrétiens fidèles étaient déjà morts dans les supplices, et qu'ils avaient droit autant et plus que les autres aux joies du royaume éternel, on doit supposer qu'il s'efforce, ainsi que les deux autres Synoptiques, de regarder les martyrs comme une exception, et que, après les avoir mentionnés pour accommoder le discours aux faits accomplis 6, il maintient la perspective primitive, et veut que la plupart de ceux qui

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