‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 37 sur 726 · HOLTZMANN · texte numérisé non relu

HOLTZMANN

2. Y. 10. x.ai tôv Xdyov la défense de parler) iy.od-r^y.'/ jipôç éauto-J; (à rattacher au participe suivant ; en vertu de la défense, les trois disciples ne parlent

LA TRANSFllil'RATION

l'inintelligence des disciples a été négligé par Matthieu comme inutile et trop défavorable aux apôtres; Luc s'est inspiré de l'indication : « ils s'attachèrent à la parole », c'est-à-dire ils observèrent la défense ; mais bien que les deux évangélistes aient dû lire le récit de Marc tel qu'il se lit maintenant, la donnée finale est secondaire par rapport au corps du récit. L'auteur ne songe pas seulement à expliquer comment la plus ancienne tradition évangélique a pu ne pas connaître la transfiguration, il tient à mettre en relief l'inintelligence des apôtres, et des trois principaux, qui se demandaient ce que le mot « résurrection » pouvait vouloir dire par rapport à Jésus. Les disciples auraient compris que le Messie ressuscitât les morts, mais qu'il eût lui-même besoin de ressusciter, c'est ce qu'ils ne voyaient pas, ne comprenant pas encore qu'il dût mourir. Aveuglement invraisemblable, si l'on prend pour historiques les données mêmes du second Evangile. La main qui a rédigé cette notice est celle qui, à diverses reprises, a souligné l'incapacité des apôtres galiléens à concevoir le mystère du salut universel par la mort et la résurrection du Christ.

Marc, ix, 11. Et ils l'interrogèrent, disant : « Les scribes disent qu'Elie doit venir d'abord. » 12. Et il leur dit : « Élie, en effet, venant d'abord, remet tout en ordre. Et comment est-il écrit du Fils de l'homme qu'il doit beaucoup souffrir et être méprisé? 13. Mais je vous dis qu'Élie est venu, et qu'ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu, selon qu'il est écrit de lui. »

Matth. xvii, 10. Et les disciples l'interrogèrent, disant : « Pourquoi donc les scribes disent-ils qu'Elie doit venir d'abord? » 11. Et répondant, il dit: « Elie. en effet, vient et remettra tout en ordre. 12. Pourtant je vous dis qu'Élie est déjà venu, et qu'ils ne l'ont pas reconnu, mais ils ont fait envers lui tout ce qu'ils ont voulu. C'est ainsi que le Fils de l'homme doit souffrir aussi par eux. » 13. Alors les disciples comprirent qu'il leur parlait de Jean le Baptiste

Luc omet ce passage, parce que la mission du Précurseur a été définie auparavant, et qu'il ne veut rien savoir de l'apparition d'Elie

qu'entre eux du terme assigné à leur discrétion) ouvÇtjtouvteî ri Icttiv to ïv. vexpwv xvàatTJvai. La leçon primitive parait avoir été gardée par D (Ss. It. ^g.) : ~'- ÈiTiv otxv ïv. vsxpôv ocvaffTri.

en la personne de Jean-Baptiste '. La question des disciples est posée' dune manière indirecte dans Marc, par le simple énoncé de leur difficulté, que Matthieu transforme en proposition interrogative. Elle n'est pas en rapport avec la perplexité des trois compagnons au sujet de la résurrection; Matthieu, du moins, ne la pas pensé, puisqu'il ne dit rien de cet embarras, et il y aurait subtilité à supposer que les disciples espèrent obtenir la solution du problème qui les inquiète, dans la réponse à un autre problème se rapportant aussi à l'avènement messianique. Dans l'économie actuelle des récits, la mention d'f^lie semble viser la scène de la transfiguration, et non seulement la perspective prochaine du grand avènement. Mais on ne voit pas comment les disciples apprécieraient l'apparition d'Elie : Font-ils trouvée trop tardive, parce que le Messie est déjà sur la terre, et le royaume des cieux inauguré ', ou bien trop fugitive, parce que le prophète est parti sans accomplir l'œuvre qui lui est assignée dans la préparation du règne glorieux • ? Les évangélistes, et surtout Matthieu, ont dû s'arrêter à l'une ou à l'autre de ces hypothèses; mais la question des disciples est par elle-même indépendante de l'apparition. La question ne s'entend que par rapport à l'avènement messianique censé prochain, mais non réalisé ; sa place naturelle serait après la déclaration du Sauveur touchant ceux qui vivront encore quand le royaume de Dieu arrivera '*. Si le royaume est proche, Elie ne va pas tarder à venir, autant du moins qu'on admet ce que disent les scribes au sujet de sa mission. La remarque des disciples, en la forme que présente le second Evangile 5, devient parfaitement intelligible, et l'on peut reconstituer ainsi une série de paroles qui ont été coordonnées à l'origine : la confession messianique de Pierre, le dit de Jésus sur la proximité du grand avènement, la réflexion des disciples au sujet d'Elie. Entre la première et la seconde, l'annonce de la passion

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