Voir supr. p. 108 et pp
équilibré pour qu'un emprunt k la parabole des Vierg-es demeure vraisemblable. Les lampes allumées ne sont pas nécessaires aux mains de tous les serviteurs, pour ouvrir la porte au maître ; il importe peu que celui-ci vienne des noces ou d'ailleurs, s'il ne s'agit que d'être prêt pour son arrivée ; et il est au moins singulier que ce maître, aussitôt rentré, donne un grand festin aux serviteurs qu'il a trouvés prêts. On conçoit que Luc, exploitant la parabole des Vierg-es, qu'il ne voulait pas raconter, et voyant en elles les disciples de l'Evangile, leur ait substitué des serviteurs pour la comparaison ; qu'il ait retenu les lampes aux mains de ces derniers, et qu'il ait renoncé k les conduire au-devant du maître; que, gardant aussi l'idée de festin nuptial comme imag-e du bonheur éternel, il ait représenté le Christ frappant lui-même à la porte ', et qu'il l'ait montré ensuite donnant un repas k ses fidèles, comme l'époux a admis k sa table les jeunes filles prudentes.
Dans le second passage, le maître, c'est-k-dire Jésus, prince du royaume céleste, est à l'intérieur de la maison, et il est venu luimême fermer la porte, ayant réuni autour de lui tous ses élus ; ceux qui ne seront pas entrés d'abord frapperont en vain, suppliant qu'on leur ouvre, comme font les cinq étourdies. Jésus leur répondra, comme l'époux, qu'il ne les connaît pas; eux aussi arrivent trop tard.
Ce passag-e de Luc est emprunté plus visiblement encore que le précédent k la parabole des Vierges; l'un complète l'autre, et il paraît évident que l'auteur du troisième Evangile a connu la parabole dans son intégrité. S'il a mieux aimé l'utiliser ainsi que de la reproduire, c'est peut-être qu'il l'a trouvée trop simple, jug'eant que les élus et les réprouvés n'étaient pas bien représentés par ces dix jeunes filles. En tout cas, l'hypothèse contraire ?, qui ferait dépendre la parabole des fragments allégoriques de Lucest souverainement invraisemblable. La parabole, même clans sa forme actuelle, ne manque pas d'unité; elle se présente comme une compai-aison développée ; elle a donc les conditions d'authenticité relative que possèdent les autres pièces du même genre. D'autre part, les fragments de Luc offrent les marques d'une rédaction