‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 441 sur 726 · Environ 22o francs · texte numérisé non relu

Environ 22o francs

Jésus prend la défense de la femme. Les disciples ont tort de lui chercher querelle. Il y a diverses formes de la charité : le soin des pauvres en est une ; l'amour de Jésus, les honneurs qu'on lui rend, et qui lui sont dus, en sont une autre. Ce que cette femme vient de faire est une bonne œuvre à l'égard du Sauveur, et une œuvre d'autant plus légitime qu'on n'aura pas l'occasion de la renouveler. Les pauvres ne manquent pas : les disciples en auront toujours à secourir. Mais ils n'auront pas toujours leur Maître. Celui-ci mourra bientôt, et dans des conditions qui ne permettront pas d'embaumer son corps. Ce qu'on vient de faire est une compensation anticipée des soins qui ne pourront lui être rendus l.

Jésus explique ainsi l'hommage affectueux dont il vient d'être l'objet, bien que l'intention de la femme n'eût pas été celle qu'il paraît lui prêter ; il veut attribuer une signification providentielle à l'acte dont les disciples ont voulu se scandaliser. Non seulement cette pieuse femme ne mérite pas de reproche, mais elle mérite et elle aura les louanges de tous ceux à qui parviendra la parole évangélique. Son souvenir sera inséparable de celui du Christ. Ceux qui annonceront aux nations l'Oint du Seigneur, qui a été sacré par la résurrection, parleront de celle qui donna à Jésus l'onction symbolique, et le souvenir de cette femme sera béni 2. L'importance de ce souvenir tient visiblement à l'interprétation de l'acte, et les paroles de l'institution eucharistique, dans saint Pavil :!, se présentent d'elles-mêmes à l'esprit du lecteur. On remarquera aussi que le mot « Evangile » n'est pas employé ici selon son acception primitive de bonne nouvelle du salut prochain, mais qu'il vise directement l'objet delà prédication apostolique, où était compris un récit de la vie et de la mort du Christ '*. Cette façon de

1. V. 8. TîpoiXajBcV [j.up'.rjyn 70 aoiux jxoj zlç tov ÈvTaoïajaov. J. Weiss, AE. 286, observe, après Preuschen, ZNTYV, III ( 1902 i . 2">2, que Fonction des cadavres n'était pas en usage chez les Juifs, et que Marc fait parler Jésus conformément à l'usage romain. L'analogie de l'onction sur le corps vivant, et des parfums placés dans le linceul, autour du corps mort, pourrait expliquer le langage de Jésus; mais elle explique mieux encore le rapprochement artificiel qui a été conçu par l'écrivain symboliste.

2. V. 9. onou làv zY]vj-/0/j tô sùayriÀtov sîç oXov tqv v.Ô'jij.oj v.t.\ o ÈTtoirjaev x'j~r\ ÀaXrj6r[aeTat sîç tj.v7][/.o'a'jvov aÙTÎ)ç.

Page 1