‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 442 sur 726 · Cf. HoLTZMANN · texte numérisé non relu

Cf. HoLTZMANN

parler se comprend mieux encore peut-être si l'évangéliste connaissait déjà un écrit où l'onction était racontée [.

Ce touchant épisode est décrit plus sobrement dans Matthieu que dans Marc, où l'on observe cà et là une certaine pesanteur de trait. Il peut-être néanmoins risqué d'attribuer à Matthieu ~ une autre source que Marc 3. Il est clair que Jésus n'aurait pas dû dire « cet Evangile »4, mais simplement « l'Evangile », car il ne pouvait désigner ainsi par avance l'histoire de sa mort comme déjà faite. Mais c'est l'ensemble même de cette remarque, où le Christ et les disciples apparaissent familiarisés avec le thème ultérieur de la prédication apostolique et avec l'idée de l'évangélisation universelle, qui a chance de n'être pas primitif. On est tenté d'y voir une addition faite par le rédacteur du second Evangile à un récit antérieur. En tout cas, c'est une réflexion de prédicateur chrétien b.

L'on a pu contester aussi, en invoquant surtout le témoignage du quatrième Evangile, que ce récit de l'onction soit à sa place chronologique11, et l'on allègue les indices d'une double tradition dont l'une connaîtrait le mont des Oliviers, et ignorerait Béthanie, tandis que l'autre, dite assez gratuitement johannique, aurait parlé de Béthanie comme du lieu où Jésus se retirait le soir 7. Ce double courant de tradition paraît exister. La première mention de Béthanie 8, pour l'entrée messianique à Jérusalem, fait double emploi avec celle de Bethphagé ; la seconde 9 est en rapport avec l'intrusion du figuier desséché ; la troisième concerne le lieu de l'onction, et il résulterait de ces données que Jésus se retirait tous les soirs à Béthanie ; néanmoins après la dernière cène, il se rend au mont des Oliviers10,

1. B. Weiss, Mk. 211. Noter cependant la correspondance des deux verbes y.rtyjy()fn XaXï}07]a£Tai, qui visent uniquement la prédication chrétienne ( Wellhausen, Me. 116).

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