Cf. I
A. Loisy. — Les Evangiles synoptiques, II. 34
relieraient de la part de Paul, qui a vu surtout dans l'eucharistie le symbole et la continuation du sacrifice de la croix. L'apôtre se trouvait ainsi amené à mettre en relief le symbolisme du vin. De ce point de vue théologique, la fraction du pain, symbole de la mort, s'offrait la première à l'esprit, et permettait de comprendre sans difficulté le symbolisme du vin. Dans la relation de Luc, les éléments eucharistiques n'ont pas de signification distincte; mais, distribués aux disciples, ils opèrent et représentent leur union avec Jésus, l'idée de la mort du Sauveur et celle de l'eucharistie comme mémorial de la passion étant seulement indiquées par la fraction du pain, et sous-entendues dans les paroles qui accompagnent la présentation du calice l. Dans L'usage ordinaire des Juifs, la bénédiction de la coupe précédait celle du pain, et il est tout naturel que les chrétiens, dans leur repas de communauté, se soient conformés d'abord à cet usage, que reflètent le texte occidental de Luc et les prières de la Didaché ; mais l'ordre de la distribution était inverse de celui de la bénédiction, le pain étant rompu et donné avant qu'on fît passer le vin 2. Saint Paul, qui ne s'occupe pas autrement de l'ordre des bénédictions, mais du sens qui s'attache aux éléments distribués, suit l'ordre de cette distribution, signifiant par une parole caractéristique le symbolisme de chaque élément. Il est évident que son récit n'est pas à prendre comme une description de la cène chrétienne ; mais on peut ajouter qu'il n'est pas à prendre davantage comme une description historique du dernier repas de Jésus.
En acceptant le texte de Luc tel qu'il se trouve maintenant constitué, les commentateurs ont été amenés à supposer que la première coupe distribuée par Jésus n'était point la coupe eucharistique, mais une coupe du festin pascal, expressément représenté comme distinct du repas eucharistique3, ou bien, au contraire, que cette coupe se confondait réellement avec la seconde, et que l'évangéliste avait mentionné par anticipation la coupe eucharistique, les paroles : « Je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne», étant appelées en quelque sorte par ce que Jésus dit de la pâque dont il ne