HOLTZMANN. loC. Cil
A GETHSÉMAISI 553
tienne, touchant la place et l'action de Simon-Pierre dans la communauté apostolique.
Satan, dit le Sauveur, a réclamé les apôtres pour les cribler. De même qu'on représente l'ennemi des hommes sollicitant du Seigneur la permission de tourmenter Job ', il est censé demander ici la faculté de maltraiter les apôtres. On crible le grain pour le nettoyer. Cependant la comparaison ne porte pas sur le résultat de l'opération ; elle vise uniquement la secousse imprimée au grain dans le crible '. Satan n'a pas le désir de fournir aux apôtres une occasion de prouver leur fidélité à Jésus; il veut les mettre, par ses machinations et les difficultés qu'il va susciter à leur foi et à leur courage, en cas de l'abandonner pour toujours. Dieu a permis, en effet, que Satan et ses auxiliaires puissent un moment se croire les maîtres du Fils de l'homme, et que ce triomphe du mal devienne pour les disciples une occasion de chute. Mais Jésus, de son côté, a prévenu les conséquences irréparables que cette défection aurait pu avoir; il a prié 3 pour Simon, afin que sa foi ne détaille pas, c'est-à-dire, afin qu'il ne cesse pas de croire en Jésus, au salut que Jésus annonce, au royaume des cieux qu'il amènera un jour. Si Jésus a prié spécialement pour Pierre, ce n'est pas qu'il eût personnellement plus grand besoin qu'un autre d'être affermi dans la foi, mais c'est que la foi et la persévérance de ses compagnons dépendent de sa persévérance et de sa foi. C'est à lui que Dieu donne mission, après qu'il aura succombé comme les autres, non pas en abandonnant sa foi, mais en la reniant en paroles, et qu'il aura le premier reconnu et réparé sa faiblesse, de raffermir la foi et le zèle de ses frères ; et ce que Dieu attend de lui, il le fera certainement, car la prière de Jésus ne peut manquer d'être exaucée.
Cependant Pierre est surpris et affligé que l'on parle de sa conversion 4, comme s'il devait faillir ; il proteste de son dévouement 5 en termes qui rappellent la seconde de ses protestations dans Marc et dans Matthieu •'. Mais la distinction de la prison et de la mort