Cf. QÉ. pp
vague à une donnée précise de la tradition apostolique . Il est arbitraire de supposer que le rédacteur du second Evangile et Matthieu auraient évité de nommer Pierre ', afin de ne pas le compromettre, car il était mort quand le second Evangile fut écrit ; ou pour ménager la réputation de l'apôtre, car Marc a raconté le reniement, qui est un acte pour le moins aussi répréhensible ; ou pour ne pas montrer un disciple de Jésus en révolte contre les pouvoirs établis, car il ne s'agit pas ici, dans la pensée de l'évangéliste, dune action judiciaire de l'autorité romaine, mais d'un coup de main préparé par les chefs religieux du judaïsme.
L'incident de l'oreille coupée se trouve maintenant isolé dans Marc : rien ne l'explique, et l'on n'en voit pas les conséquences. Sans y faire attention, Jésus parle à ceux qui l'ont arrêté, comme s'ils étaient tout disposés à l'entendre, et il n'est plus question des disciples que pour signaler leur fuite, dont on ne donne pas la raison. Si le serviteur du grand prêtre a eu l'oreille coupée, c'est qu'il y eut bagarre après que les hommes amenés par Judas se furent emparés de Jésus. Les apôtres ont voulu le défendre, soit qu'ils aient consulté leur Maître, comme le dit Luc, soit qu'ils aient cédé à un premier mouvement. Mais comme ils n'étaient ni assez nombreux, ni assez bien armés, ils n'ont réussi qu'à couper une oreille, et le combat s'est robablement terminé, soit par l'ordre de Jésus, comme le dit encore Luc, soit plutôt parce que les apôtres perdirent courage ou virent 1 inutilité de leur effort '2. La conclusion fut que les amis de Jésus s'enfuirent tous, le laissant aux mains de la bande qui l'était venue chercher3. Le discours que Marc prête au Sauveur a pris la place d'indications concernant la mêlée qui se produisit entre l'arrestation de Jésus et la fuite des disciples.
Marc, xiv, 48. Et Matth. xxvi, 55. A Luc, xxu, 52. Et
prenant la parole, Jésus ce moment, Jésus dit à Jésus dit à ceux qui
leur dit : « Vous êtes la foule : « Vous êtes étaient venus pour le
venus, comme pour un venus, comme pour un (prendre1, chefs des
voleur, avec des épées voleur, avec des épées prêtres, capitaines du
et des bâtons, vous sai- et des bâtons, vous sai- temple, et anciens :
sir de moi. 41). Tous les sir de moi. Tous les « Vous êtes venus,