‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 541 sur 726 · Le. m · texte numérisé non relu

Le. m

lical, il est certain que Marc, en parlant du « grand-prêtre » a eu en vue Caïphe, car le grand prêtre dont il s'agit est le président du sanhédrin, c'est-à-dire le grand prêtre alors en fonctions. Mais il n'est pas impossible que Luc ait pensé à Hanan. En tout cas, le silence qu'il garde sur le nom du pontife, après avoir indiqué deux noms au commencement de son Evangile, pourrait accuser chez lui une certaine indécision touchant celui des deux qui convenait à la circonstance. On peut s'étonner que Marc ne donne pas le nom du grand prêtre, malgré l'importance du rôle qu'il attribue à ce personnage. La raison doit être que Caïphe n'était pas nommé dans la source, où le rôle du grand prêtre n'avait aucun relief.

Marc et Matthieu introduisent tout aussitôt une séance nocturne du sanhédrin, réuni chez Caïphe, où le procès de Jésus aurait été instruit dans les formes juridiques, avec interrogatoire de témoins, audition de l'accusé, sentence rendue par les juges. Luc n'a rien de semblable ; il signale seulement une séance du sanhédrin, le vendredi matin, qui est mentionnée aussi dans Marc ' et dans Matthieu'2, et qui semble faire double emploi avec la précédente. On a beaucoup disserté sur le rapport de ces deux séances, et, soit qu'on admît l'historicité des récits, soit qu'on la contestât, on a cherché à les expliquer par ce qu'on sait des coutumes suivies dans les procès que le sanhédrin pouvait avoir à juger 3. La difficulté n'est pas tant à résoudre par l'histoire et l'archéologie que par l'analyse critique des Evangiles. Il n'est pas absolument certain que le sanhédrin eût encore, à cette date, le droit de porter une sentence capitale, sauf ratification de l'autorité romaine '*. D'autre

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