‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 599 sur 726 · x, 8 (Cf. Ap. vi · texte numérisé non relu

x, 8 (Cf. Ap. vi

8. xx, 47. Dans Le. 29, Ss. a lu « vous direz . ipetis, au lieu de Èpousiv; de même, v. 30, «pf-saOs, au lieu de SpÇovxat ; et au v. 31 : « que feront-ils du sec? »

et a pu être amenée par la mention d'arbres dans le texte grec de Zacharie.

La vérité de ce tableau si touchant n'est pas celle de l'histoire. Toute la population de Jérusalem ne suivait pas Jésus avec une curiosité bienveillante et attendrie ; sans doute plusieurs femmes, ont pleuré, mais Jésus n'a pas fait de discours sur le chemin du Calvaire. Ses forces le lui auraient-elles permis, et les soldats lui auraient-ils accordé la faculté de s'arrêter ? C'est le fait même qui signifie ce que Luc a voulu exprimer. Il s'en va, le Sauveur aimant et secourable ; il va mourir, selon ce qui était écrit de lui ; mais malheur à toi, Jérusalem, malheur à tes enfants, car le sang qui va être versé retombera sur toi ! Ce que le rédacteur du premier Evangile a fait déclarer à sa façon par les Juifs 1, Luc le fait proclamer par Jésus lui-même. Ni les Juifs ni Jésus n'ont prononcé les paroles qui leur sont attribuées : c'est la leçon des choses, placée dans la bouche des acteurs pour qu'elle soit plus expressive.

Marc, xv, 22. Et Mattii. xxvii, 33. Et Luc, xxm, 32. Et ils le conduisirent au arrivés au lieu dit Gol- Ton emmenait aussi lieu Golgotha, ce qui gotha, ce qui veut dire deux autres malfaiteurs, signifie lieu du Cal- lieu du Calvaire, 34. pour être exécutés vaire. 23. Et ils lui ils lui donnèrent à boire avec lui. 33. Et quand donnèrent du vin mê- du vin mêlé de fiel ; ils furent venus au lieu lé de myrrhe, et il n'en et en ayant goûté, il ne appelé Calvaire, ils les. prit pas. 24. Et ils le voulut pas boire. 35. Et crucifièrent-là, lui et crucifièrent. Et ils se l'ayant crucifié, ils se les malfaiteurs, l'un à partagèrent ses vête- partagèrent ses vête- (sa) droite, et l'autre à ments, tirant au sort ~" ments, les tirant au (sa) gauche. 34. Et Jéce que chacun en au- sort. 36. Et s'étant as- sus dit : « Père, paierait. 25. Et il était la sis là, ils le gardaient, donne-leur, car ils ne troisième heure quand savent ce qu'ils font. » ils le crucifièrent. Et se partageant ses

vêtements, ils (les) tirèrent au sort.

Conformément à la Loi, le crucifiement de Jésus se fit hors de la ville, en un lieu appelé Golgotha, c'est-à-dire « crâne 2 ». Les

t. Mt. 25 ; supr. p. 649, n. 7.

2. Me. 22. xat çegouj'.v aùtov £7:'. tov ToXvoGàv to'ttov, o Istiv ijLïÔspaYivî'jojjiEvov scoavt'ou tôno;. L'interprétation doit être du rédacteur. Mt. 37. xctî èàOo'vts; stç to'ttov XeydfAEvov roXyoOa, cl ècrctv xpavt'ou to-o; À£yoii.îvo;. Hébreu nSjSj, araméen NluiSlU

Romains faisaient ces sortes d'exécutions au bord des grandes routes, et le Golgotha se trouvait en effet près d'un chemin. Il est très invraisemblable que le nom ait été emprunté à la destination de l'endroit, car il n'y avait sans doute pas de place fixe où' l'on dût exécuter tous les condamnés. On peut croire que le Golgotha était un tertre ou un rocher dénudé, qui avait l'apparence d'un crâne chauve1. Il se trouvait au nord-ouest de la ville. « Il n'y a pas déraison décisive pour placer le Golgotha à l'endroit précis où, depuis Constantin, la chrétienté tout entière l'a vénéré. Mais il n'y a pas non plus d'objection capitale qui oblige de troubler à cet égard les souvenirs chrétiens 3. »

Sur le lieu de l'exécution, l'on présenta à Jésus le vin aromatisé dont il a été question plus haut :{. Certains commentateurs observent que la myrrhe dans le vin ne fait que l'adoucir, et perd ses propriétés narcotiques. Marc a pu parler de vin mêlé de myrrhe, parce que les Romains connaissaient ce genre de préparation 4. Quoi qu'il en soit de la myrrhe et de son efficacité, une certaine quantité de vin généreux suffisait pour jeter un homme épuisé dans un état de torpeur à moitié inconsciente. Jésus refuse ce soulagement ; il ne craint pas la douleur ni la mort, et il veut éprouver jusqu'au bout l'amertume de son sacrifice.

Le rédacteur du premier Evangile, qui avait en pensée le passage du psaume 5 : « Ils m'ont donné du fiel pour nourriture, et, dans ma soif, ils m'ont abreuvé de vinaigre », a remplacé la myrrhe par du fiel, et expliqué le refus de Jésus par le dégoût que lui inspira, quand

1. Comparer « Chaumont ». Il suffit de rappeler ici la légende d'après laquelle Adam, ou son crâne, aurait été enterré sur le Calvaire, d'aucuns disent par Melchisédech (Tertullien, Origène, etc.) Cf. Maldonat, I, 613.

2. Renan, Jésus, 429. Des hypothèses très diverses ont été émises touchant l'emplacement réel du Calvaire. Il est certain que l'endroit n'était pas dans l'enceinte de la ville, et la principale objection contre le site traditionnel résulte précisément de ce qu'il est à l'intérieur des murs ; mais les fouilles semblent avoir établi avec une certitude suffisante qu'il se trouvait en dehors au temps de Jésus ; il n'est recommandé d'ailleurs par aucun témoignage antérieur à l'époque de Constantin. Cf. DB. II, 226-227 ; EB. II, 1752-1753.

3. V. 23 . zoù eôîoo'jv aùioi È<j[Aupfii<j|i.évov olvov o; ck oûx eXa^sv.

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