‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 6 sur 726 · Holtzmann · texte numérisé non relu

Holtzmann

5. Cf. xi, 27, en tenant compte de la variante, I, 910, où l'on peut être tenté de lire : /.ai. Si èiv pouXïjTat (ô naTrjo) à.izov.<xkty%i., nul ne connaissant le Fils, si ce n'est le Père et ceux à qui le Père révèle qui est le Fils.

d'avoir rabaissé au profit de Paul les apôtres galiléens, qui n'ont pas compris d'abord l'abrogation de la Loi, l'universalité de l'Evangile, la haute signification de la mort du Christ, il semble que Matthieu veuille les relever dans la personne de Pierre, en montrant que celui-ci a été le premier à connaître Jésus autrement que selon la chair, et à pénétrer le secret de sa divine personnalité '.

Et de même que le Père a fait cette grâce à Simon, Jésus, le Fils de Dieu, lui annonce 2 en vue de quelle mission ce don lui a été attribué : « Et moi, je te dis que tues Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise 3. » Le défaut d'harmonie que le changement de genre introduit dans le jeu de mots, en grec ; et en latin s, n'existait pas en araméen, où le mot kéfa {> demeurait invariable, comme Pierre en français. Simon a bien mérité le nom de Pierre par la solidité de la foi qu'il vient de manifester. Pierre il est, pierre il sera ; car c'est sur lui que doit reposer, comme sur un fondement, inébranlable, tout l'édifice de l'Eglise.

Il n'est vraiment pas nécessaire de prouver que les paroles de Jésus s'adressent à Simon, fils de Iona, qui doit être et qui a été la pierre fondamentale de l'Eglise, et qu'elles ne concernent pas exclusivement la foi de Simon, ou bien tous ceux qui pourraient avoir la même foi que lui ; bien moins encore la pierre peut-elle être ici le Christ lui-même. De telles interprétations ont pu être proposées par les anciens commentateurs en vue de l'application morale ", et

1. On dirait que Mt. 17 a été conçu en vue de Gal. i, 12, 16 (cf. I Con. xn, 3, II Cou. v, 16), et que Ton emploie avec intention les mêmes termes que Paul. Et comme Paul avoue au même endroit v. 13 qu'il a commencé pai persécuter l'Église de Dieu, la situation de Pierre, fondement de l'Eglise, apparaît dans le jour le plus favorable.

2. La parole : « Et moi je te dis », ne se réfère pas au discours de Simon, comme si le Christ et l'apôtre faisaient échange de compliments (Maldonat, Ir 323), mais à ce que le Père a déjà fait (B. Weiss, E. 101).

3. Y. 18. y.àyô) oi sot Àiyoi OTt tj si TIÉ-po;, zaî ïn\ txjtit; tt; "î'tcx o'!/.ooouLr;'jfjj poj tf(v èxxXr,at'av, /.al rrJÀa'. xwj oj JcaTiavuaoua'.v aùrrj;.

4. Le masculin rcrcpo; se rencontre aussi en grec classique avec le sens de « pierre » et de « rocher »; mais l'évangéliste a pris le féminin conformément à l'usage commun. Une influence du latin n'est pas nécessaire pour expliquer cette particularité, mais elle n'est pas non plus impossible, car il n'est pas certain que la rédaction dernière de Matthieu ait été faite en Orient.

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