‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 7 sur 726 · Pefrus, petra · texte numérisé non relu

Pefrus, petra

7. On les trouve dans les Pères, mais sans exclusion du sens historique. Cf.

relevées par l'exégèse protestante dans un intérêt polémique; mais, si l'on veut en faire le sens historique de l'Evangile, ce ne sont plus que des distinctions subtiles et qui font violence au texte. Les paroles de Jésus visent le rôle de Pierre dans la fondation de l'Eglise, et l'on peut même dire qu'elles le supposent; elles ne sont pas conditionnelles, comme la suite le montre; bien que la foi en soit le point de départ, elles se rapportent moins à l'ordre de la foi qu'à l'ordre de l'activité apostolique et du gouvernement ecclésiastique ; elles concernent donc le rôle personnel de Simon-Pierre, non la seule vérité qui a été proclamée par lui. Sans doute le fondement divin et invisible de l'Eglise est Jésus lui-même ' ; mais l'Eglise n'a pas existé tant que Jésus a été sur la terre, et quand il a. eu quitté ce monde, c'est Pierre qui a été le fondement visible de l'Eglise naissante, le principal témoin de la résurrection '2, l'agent principal de l'Evangile du Christ, le chef principal des groupes chrétiens qui ont formé les premières églises, et puis l'Eglise. Sans doute aussi les autres apôtres et tous les iidèles sont des pierres de l'édifice sacré, mais la pierre fondamentale, sur laquelle estassise la maison de Dieu, est celle que le Sauveur a établie, Simon-Pierre.

Le mot « église » ne se rencontre que deux fois dans l'Evangile : ici et dans un autre passage de Matthieu 3, qui est également en rapport avec la situation du christianisme primitif, non avec celle du royaume céleste pendant le ministère de Jésus. Ce n'est pas l'emploi d'un mot inusité ailleurs 4 qui constitue l'objection la plus forte contre l'authenticité de ces passages, mais l'idée même d'une société terrestre, qui n'est ni la communauté israélite ni le royaume des cieux, et qui se substitue pour ainsi dire à l'une et à l'autre. Jésus n'a jamais prêché que le royaume et 1 avènement prochain du royaume ; il n'a pas réglé formellement les conditions d'un établissement terrestre qui remplacerait l'économie judaïque en tant que préliminaire à l'avènement du royaume. On n'a pu

Schanz, Mi. 376. Citons seulement s. Jérôme (in h. loc.) : « Simoni qui credebat in petram Christum Pétri largitus est nomen. At secundum metaphoram petrae, recte dicetur ei : Aedificabo ecclesiam meam super te. » \ . I Cor. in, 11; mais cf. Eph. ii, 20 ; Ap. xxi, 14.

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