Cf. QÉ
somptions qui résultent de l'ensemble. Éponge et roseau ont été réclamés pour la présentation du breuvage au Crucifié '.
Si subtile que puisse paraître l'analyse qui vient d'être faite, et si incomplète qu'elle soit nécessairement, les conclusions proposées n'ont rien que de conforme aux procédés que les évangélistes ont appliqués ailleurs. La combinaison de l'élément interprétatif et de l'élément historique est plus sensible dans le récit de la passion que dans toute autre partie de l'Evangile, parce que c'est principalement sur ce point et sur celui de la résurrection qu'a porté le travail exégétique et apologétique de la pensée chrétienne, avant que la séparation de 1 Eglise naissante et de la synagogue fût entièrement consommée.
Comme Luc a précédemment omis tout ce qui concerne le rôle eschatologique d'Elie, on ne doit pas s'étonner qu'il ait pris facilement son parti de laisser tomber la plaisanterie des Juifs, avec la parole de l'abandon, qu'il aimait mieux remplacer par une autre plus édifiante-. En ce cas comme en d'autres, il a pu d'ailleurs être guidé par la source de Marc, et se rendre compte du travail rédactionnel par lequel on avait dédoublé et interprété le dernier cri du Sauveur. On remarquera que Luc a eu soin de mentionner avant les ténèbres la présentation du vinaigre, et tous les propos dialogues. Il est évident que les paroles sur Elie, et le trait du vinaigre présenté ont été conçus indépendamment des ténèbres. Marc juxtapose le tout sans s'inquiéter autrement de la façon dont ces choses auraient pu se concilier en réalité.
Les évangélistes racontent divers prodiges qui se seraient produits dans l'instant même où Jésus expira 3. Le voile du temple.
i. Bkandt, 239.
2. Supr.p. 683, n. 8. La parole estprisede Ps.xxxi, 6(LXXj. aç/. <t. napaOrjaoaai 7Ô n. [x. Le contexte pouvait être entendu comme une description de la détresse du Crucifié. Etienne (Act. vu, 59) fera une prière analogue avant de mourir, et ce parallélisme peut confirmer l'authenticité de Le. xxiu,34 a (supr. p. G72, n. 4).
3. Il n'y a pas lieu d'insister sur une addition singulière que les plus anciens mss. du Nouveau Testament fxBCL, et Chrysostome) présentent après Mr. 49 : acXXo; ô*i Xa[3o>v XoV/r(v evviÇsv «'jto'j ttjv -Xrjoav, xaî èÇ^XOêv G8top xaî aiaa. Ce ne peut être qu'une interpolation fort ancienne, une glose mal placée
puisque le coup de lance vient ici avant la mort du Christ, et sans aucune raison), d'après Jn. xix, 34. Peu de personnes savent que cette variante a été implicitement condamnée par le concile général de Vienne (1311), qui déclare
c'est-à-dire la tenture qui était suspendue devant l'entrée du saint des saints, et le séparait du sanctuaire, se déchira du haut en bas. Ce trait est commun aux trois Synoptiques; mais Luc le place avant la mort de Jésus1, pour le rattacher au miracle des ténèbres. Le rédacteur du premier Evangile ajoute que, les pierres s'étant fendues, et les cavernes sépulcrales s'étant ouvertes, plusieurs saints personnages ressuscitèrent ; toutefois ils ne seraient sortis de leurs tombeaux qu'après la résurrection du Sauveur lui-même, et alors ils seraient entrés dans Jérusalem, où beaucoup de personnes les auraient vu?2. L'aveu du centurion qui gardait Jésus est relevé par les trois évangélistes, avec de légères divergences. Dans Marc 3, le centurion, voyant que Jésus est mort, déclare hautement qu'il était Fils de Dieu. Dans Matthieu4, après les prodiges qui viennent d'être racontés, ce n'est pas le centurion seul, mais lui et toute la troupe des gardes, qui sont saisis de terreur et confessent la divinité de Jésus. Dans Luc5, le centurion, impressionné de tout ce qu'il a vu,
que Jean a mis le coup de lance à sa vraie place : « Sacre- approbante concilio declaramus praedictum apostolum et evangelistam Joannem rectum in praeinissis factae rei ordinem tenuisse, narrando quod Christo jam mortuo unus militum lancea lalus ejus aperuit. » Clementin. De s. Trin. et cath. fide,
1. Me. 38. /où xo zaxaj^'xasua xoù vaoîJ laytaOï] £Îç ûjo(D, mss. lat. ajoutent [J^pr)) àVavti>8Ev ÉVoç xâ-tto. Mt. ."il. xai êoo'j xô x. t. v. è. àrc'à. (xL omettent àrc' devant avw0£v)'i'. x. Eij 8ûo. Le. 45/). âayiaOri 5È xo zaxa7:£xaa[j.a xou vaou jiiaov.
2. Mt. 51 b. zai i) yf) iaêîaOï], zai ai ;:Éxpai ÈV/JejOïjaav, 52. zat xà |i.v/)a£Îa àv£(ôy6rjaav zai ftoXXà arô<j.axa xû>v X£XOt[j.r)[J.Éva>V àytwv 7)yép6ï)ffav 53. zai IÇeXOo'vteî Èx xiov u.vY)u£teov a£xà xïjV eyepfftv aùxoï cîa/jXOov £i; xt;v àyt'av rcdXtv xai £V£çpavfa9ir)aav T.oXkoïç.
3. V. 39. îowv Ô£ ô xEvxupiwv ô JiapsoT7)xà)S ïz IvavTÎaç aùxou oti oiixw; IÇé^veuffîv (Ss. D, 6 ^ao£ax. Èz£t ouxw; aùrov xpaÇavxa zai ÈÇÉnveucev), eTtcev* àXï]9<oç ouxo; ô à'v- Qpw7ïo? (Ss. omet ô a, et suppose l'article 6 devant uidç) uiôç OsoCi r,v.
4. V. 54. ô 0£ Izaxo'vxaoyo; zai ot u.ex'aÙToy TTjpouvxE? xov 'Iïjjouv îôdvx£; xôv orei<7p.ov xai xà yivd[A£va âçOjjrjOr^av açoôpa, XsyoVTEç* aXïjQfo; Oîoj- uîôç fjv oOxoç.
5. V. 47. Î8wv oÈ 6 Ézaxovxâpyr); xo yEvdfjiEVOv £Oo?a^£v xov 0£Ôv XÉycov" ô àv6p<o-o; ouxoç ôi'xaio; r)v. 48. zat jràvXEî oi <j'JV7:pay£vd[.i£voi ô'yXoi £-'. x/(v OEwptav xaûxTjv, 0EwprJaavxc; xà y£vo'p.£va, xu7ïtovteç xà axr[8T] (D ajoute zalxà a£X'o-a)j-£jxp£aiov. Un ms. lat. (g) ajoute : « dicentes : Vae nobis, quae facta sunthodie propter peccata nostra ; appropinquavit enimdesolatio Jérusalem. » Ss. Se. : « Et tous ceux étaient venus là, et qui avaient vu ce qui se passait, se frappaient la poitrine, disant : « Malheur à nous ! que nous est-il arrivé ! Malheur à nous à cause de nos péchés ! a Év. de Pierre, 21 (cf. supr. p. 682, n. 4). « Et alors ils retirèrent les clous des mains du Seigneur, et ils le déposèrent sur le sol, et toute la terre
déclare simplement que Jésus était un homme juste ; mais la ioule qui avait assisté à la passion, c'est-à-dire tous les Juifs qui se trouvaient là, y compris les magistrats, dont l'évangéliste a parlé précédemment, sont saisis de douleur et retournent à Jérusalem en se frappant la poitrine. Il est évident, avant toute discussion, que ces éléments descriptifs renferment une part de symbole ou d'amplification légendaire.
La mort du Christ nous donne accès auprès de Dieu : telle est l'idée que Paul ' et après lui l'auteur de l'Epitre aux Hébreux se plaisent à développer. Ce dernier parle même du voile à l'intérieur duquel passe notre espérance-, du voile à travers lequel Jésus a pénétré, offrant son propre sang-, et ouvrant aux siens l'accès du sanctuaire éternel5. Le déchirement du voile a certainement cette signification symbolique dans les trois Evangiles, et le symbole paraît tellement l'emporter ici sur la réalité matérielle, qu'on n'a pas à se demander s'il est nécessaire ou même permis d admettre cette dernière'1. Dans Marc, le déchirement du voile interrompt la
trembla, et il y eut une grande frayeur. 22. Alors le soleil brilla etc. (supr. p. 679, n. 1). 23. Alors les Juifs, les anciens et les prêtres, voyant quel mal ils s'étaient fait, se mirent à se lamenter et à dire : « Malheur sur nos péchés ! Le jugement est proche, et la fin de Jérusalem ! » Il semble bien que Le. 48, ses suppléments non canoniques et l'Év. de Pierre procèdent d'une même source.