Cf. Brandt
additionne l'ange de Matthieu, qui est hors du tombeau, avec celui de Marc, qui se tient dedans ', est une hypothèse bien subtile et peu vraisemblable, vu que, par ailleurs, le troisième Evangile n'accuse guère de dépendance à l'égard du premier. La question de savoir s'il v avait un ange ou deux n'est pas à discuter au point de vue de l'histoire. Il est inutile de dire qu'un seul ange, celui de Marc et de Matthieu, a parlé aux femmes 2, puisque Luc fait parler en même temps les deux messagers célestes. Avec un ange ou avec deux, le trait est pareillement légendaire.
Le discours des anges est beaucoup plus étudié dans le troisième Evangile que dans les deux premiers. Il est sous-entendu dès l'abord que les femmes auraient dû savoir que -le Christ était ressuscité, puisqu'il l'avait annoncé. La réflexion : « Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? » porte le cachet littéraire de l'évangéliste 3 ; elle renferme une belle pensée, tournée presque en jeu d'esprit, et qui, dans la circonstance, paraît trop raffinée. « Le vivant» est Jésus, sur qui la mort n'avait pas de droits, et qu'elle n'a pu retenir. On ne doit pas le chercher dans les tombeaux où reposent les hommes qui ont subi la destinée commune des enfants d'Adam. Il n'est pas dans cette chambre sépulcrale, mais il est ressuscité 4.
Au lieu d'ajouter : « Prévenez ses disciples qu'il les précède en Galilée5 », les anges disent : « Souvenez-vous de ce qu'il vous a dit lorsqu'il était encore en Galilée G. » Cette variante est remarquable et fort instructive, car il est évident qu'elle n'est point accidentelle, mais pleinement réfléchie et voulue. C'est que les apôtres vont rester à Jérusalem. A quoi bon les envoyer en Galilée ? Marc et Matthieu les y font aller promptement. Le troisième Evangile, qui les retient dans la ville sainte, a, pour cette raison, modifié le discours angélique.