‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 662 sur 726 · I Cor. xv · texte numérisé non relu

I Cor. xv

Jean, et ne sont pas familiers à Luc ; ainsi le troisième Evangile n'a point parlé de linges, mais seulement du linceul, tandis que Jean parle de linges et de suaire '. L'étonnement de Pierre est le seul trait qui ne soit pas textuellement dans le quatrième Evangile : l'interpolateur aura pu l'ajouter sans effort d'imagination, et pour rester dans le cadre de l'évangéliste, qui ne suppose pas, comme Jean, la foi acquise à tel ou tel disciple avant la manifestation du Christ ressuscité 2.

On objecte que, si l'interpolateur s'était servi de Jean, il n'aurait pas envoyé Pierre tout seul au sépulcre 3 ; mais il ne pouvait guère introduire le disciple bien aimé dans un Evangile qui ne disait rien de ce disciple, et il pensait ainsi expliquer l'apparition du Sauveur à Simon, apparition dont il jugeait, peut-être à tort, que nul autre disciple n'avait été témoin. L'interpolation du verset s'explique aisément ; on ne voit pas quelles auraient pu être les raisons de l'omission. Un accord incomplet avec le quatrième Evangile n'a guère pu choquer des lecteurs que n effarouchaient pas des divergences bien plus sensibles et bien plus importantes. Cette interpolation, comme on le verra plus loin, pourrait être coordonnée à une retouche dans l'histoire des disciples d'Emmaùs ; en tout cas, au lieu d'avoir été omis pour l'harmonie des Evangiles 4, ce passage a été bien plutôt ajouté dans le texte ordinaire pour établir un meilleur accord •'.

Dans ce préambule aux apparitions du Christ ressuscité, le troisième Evangile accuse un travail réfléchi sur les données primitives. L'idée qui dominera tout le récit se trouve exprimée dès le commencement : il fallait que le Christ ressuscitât, parce que les prophètes l'avaient annoncé, comme ils avaient aussi annoncé sa mort. On pourrait voir ici une préoccupation de contro-

1. Cf. Jn. xx, 4. npoiosx;j.îv... 5. /.%'. zapx-/.j}a; (ÎÀSJtst xe^îva Ta ôôovia... 10. à7Tf(X6ov ouv t^xX'.v jcpôç aùtoj;. Dans Le. xxm, 53, il n'est question que de aivociv. On trouve chez Jean ôÔo'v.a et aouoxp-.ov (xix, 40 ; xx, 5-7). Ce sont deux idées toutes différentes de l'ensevelissement. Voir QÉ. 897-898, 902.

2. Cf. B. Weiss, Lk. G79. Cet auteur observe à bon droit que I? aùtwv.v. 13, est inintelligible après le v. 12, et que ce y., bien loin d'y trouver confirmation, est en contradiction réelle avec le v. 24.

Page 1