DÉPART DE JÉSUS. EN SAMARIE
Marc, x, 1. Maïth., xix, 1-2. Luc, ix, 51-56.
Le départ de Jésus ne semble être, dans le second Evangile, qu'un incident particulier, qui ne marque pas une division importante dans le récit ; il en va autrement dans Matthieu et dans Luc, qui, par des formules spéciales, indiquent tous deux une partie nouvelle de leur narration. La différence provient de ce que, dans Marc, le voyage a commencé antérieurement : d'après le récit qui soutient le rédacteur du second Evangile, Jésus ne s'est pas arrêté en Galilée depuis son voyage au pays de Tyr ; quand il revient, il ne fait que passer à Capharnaùm, continuant sa route vers Jérusalem. L'économie de ce voyage, en sa dernière partie, n'a pas trop souffert du travail rédactionnel de Marc ; elle a été dérangée dans Matthieu, et Luc n'en a rien gardé.
Marc, x, 1. Et partant de là, il vint au pays de la Judée et d'au delà du Jourdain; et la foule s'assembla encore auprès de lui, et il les instruisait encore, selon sa coutume.
Matth., xix, 1. Et il Luc, ix, 54. Et il adadvint, quand Jésus eut vint, quand le temps achevé ces discours, de son assomption fut qu'il s'éloigna de la Ga- près de s'accomplir, lilée et se rendit au qu'il se mit en devoir pays de la Judée, (par) daller à Jérusalem. Tau delà du Jourdain.
'2. Et une foule nombreuse le suivit, et il les eruérit en ce lieu.
Les renseignements donnés par les trois évangélistes n'ont pas même l'apparence de la précision : l'on n'indique ni le point de départ, ni l'itinéraire, ni la durée du voyage. Marc ' paraît vouloir
bcei0E
v ■x/y.i-'xz'iiy/ iw.
ooia trie 'Iojoata; zai -ioav toîj 'Iogo:
L'ad-
verbe èxeîGev doit se référer à ix, 33, bien que, dans la rédaction actuelle, on ait perdu de vue le retour de Jésus à Capharnaùm. Il est plus risqué de mettre
dire que le Sauveur met quelque temps à parcourir la Judée, puis la Pérée, d'où il viendra à Jérusalem pour la Pèque ; il ne décrit pas un simple voyage à Jérusalem par la Pérée ', mais une tournée de prédication.
Le rédacteur du premier Evangile, avec une perception peut-être moins nette de la réalité, voudrait dire que Jésus vint en Judée en suivant la rive orientale du Jourdain 2. On peut voir là une simple adaptation de ce qu'on lit dans Marc. Les deux premiers Evangiles s'accordent pour dire que Jésus, ayant quitté la Galilée, exerce publiquement son ministère. Marc dit même qu'il se met de « nouveau à instruire, comme il en avait eu coutume auparavant 3 », parce que, d'après le second Evangile, Jésus, depuis un certain temps, a cessé toute prédication. Se trouvant sur un autre terrain, il recommence à prêcher, d'après Marc, à guérir, d'après Matthieu 4, et la foule se presse autour de lui. Mais Matthieu, qui n'a pas dit que Jésus ait évité de se montrer en Galilée, ne signale pas cette activité comme un recommencement ; la foule est censée accompagner le Christ depuis son départ, et l'évangéliste, soucieux de miracles après un long discours, met des guérisons à la place de l'enseignement 5, sans s'inquiéter de ce que la foule n'était pas à guérir tout entière, comme elle pouvait être enseignée.
Luc, pour marquer l'importance du voyage, qui est certainement,
àva^xâ; en rapport avec le xaôîaaç de ix, 35 (B. Weiss, E. 231 j : Marc n'a pas voulu dire que le Sauveur, en finissant le discours précédent, s'était levé pour aller en Judée, la formule s'explique naturellement par un hébraïsme vulgaire ("ib'H Dp1! ; cf. vu, 24. Schanz, Mk. 315). D. Ss. mss. lat. Vg. omettent xai devant rapav, peut-être par conformation à Matthieu. A et d'autres témoins lisent Stà tou rcépav : leçon explicative.
1. Schanz, Mt. 316 ; Holtzmann, 156. La traduction : « au pays de Judée, c'est-à-dire en Pérée »,a de nombreux partisans (Ewald, Meyer, Keil, Wellhausen) ; de même pour Mt. 1 : « le territoire de Judée (qui est) au-delà du Jourdain. »
2. |i.exrjp£v àr.o xfj; FaXiXata; xalrjXOev et; xà opta xfj; 'Iouôat'aç izépxv xo2 'Iopoâvo'j. Tïlpav dépend de yJXÔev et n'est pas en apposition avec xà opta (au moins selon l'interprétation adoptée dans le commentaire (cf. n. 1).
3. xai auv-opE'jovxa'. naXtv o'vXoi txooç aùxo'v, xai a>; eùoOct JtàXiv soioaaxEv aûxouç. Cf. n, 2, 13 ; iv, 1-2; vi, 34. Ss. : « il les guérissait et les instruisait ».
4. V. 2. xat TixoXo'jOr^av ocjx<o o/Xoi -oÀÀot, xai èOspaTtEUŒev aùxouç èxeï (Ss, omet èxsï).