A LÀ TABLE DU PHABISIEN
s'abaisse sera élevé * », dépasse le cadre où semblent se renfermel* les conseils du Sauveur. Cette conclusion est fondée sur Texpé^ rience, mais elle n'est justifiée que très imparfaitement dans le cours ordinaire des choses. L'abaissement définitif des orgueilleui éclatera dans le grand jugement, et Télévation des humbles se manifestera dans le royaume de Dieu. Ainsi la pensée monte dû festin nuptial au festin des joies éternelles. On peut dire que le discours, en son ensemble, est une exhortation à l'humilité, dont on voit d'abord une application particulière dans l'exemple du festià nuptial, puis la récompense durable dans la gloire du royaume céleste. Mais on ne peut l'entendre *2 comme une comparaison : de même que celui qui prend la première place à table s'expose à être renvoyé à la dernière, ainsi celui qui s'enorgueillit rencontre l'humiliation. Ce n'est pas ainsi que Luc le comprend ^, et il verrait plu'»tôt dans le tout une allégorie.
Luc, xiv, 12. Et il dit à celui qui Tavait invité : « Quand tu donneras^ dîner ou à souper, n'appelle pas tes amis, ni tes. frères^ ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu'ils ne f invitent eux-mêmes à leur tour, et ne te rendent la pareille. 13. Mais quand tu feras un. festio, invite les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles, 14. et tu seras heureux, parce qu'ils n'ont pas de quoi te rendre ; car cela te' sei*a rendu à la résurrection des justes. »
15. Et Tun des convives, ayant entendu ces paroles, lui dit: « Heureut qui mangera du pain dans le royaume de Dieu ! » 16. Et il lui dit : « Un homme fît un grand souper, etc. » î
Le second conseil est censé donné au pharisien qui avait invit^ Jésus. De même que le premier fait valoir les mérites de l'humilité^ celui-ci fait valoir les mérites de la charité. Dans l'un comme dans l'autre, la pointe antipharisaïque de la parabole du Festin est remplacée par une leçon morale d'un caractère universel. Si l'on veut donner un repas, il ne faut pas inviter les personnes qui sont, par leur situation, à même de vous inviter à leur tour, mais les gens dç rien, les pauvres et les infirmes. Ceux-là ne rendent pas ce que Ton fait pour eux, et Dieu se charge de la récompense, que l'on trouvera au dernier jour. Les personnes qu'on dit ici de ne pas inviter sont apparentées à celles qui, dans la parabole suivante, refusent de' se
i. Reproduite xviii, 14 (cf. Mt. xxiii, 12), avec sens eschratologîque.