IX
meure, quand même ce serait pour ressusciter. Marc ne rapporte pas plus le discours de Pierre que celui de Jésus, mais Matthieu prête à Fapôtre quelques paroles ^ qui sont dans le sens de la démarche indiquée par le second Evangile. Il ajoute aussi, par manière d'explication, à la réplique ^ très vive du Sauveur : « tu m'es scandale ^ ». Pierre se faisait tentateur, et c'est pourquoi il est qualifié de Satan. Matthieu n*a pas senti combien était fâcheuse Vantithèse qu'il crée, sans le vouloir, entre la pierre d'achoppement et la pierre fondamentale de l'Église •*.
Mais cette véhémente épîthète, qui assimile Pierre au démon de la grande tentation ^, est moins significative que la suite du discours. La morale de l'incident est que Simon-Pierre jugeait eu homme, c'est-à-dire comme la masse des Juifs, de ce que devait être le rôle du Messie, et qu'il n'avait pas le sens des choses divines, c'est à-dire que la signification providentielle de la mort du Christ et de sa résurrection lui échappait. Cette opposition de la sagesse humaine à la sagesse divine, par rapport à la mission du Christ, est conforme à l'esprit de Paul ^ ; on chercherait vainement ailleurs dans l'Évangile une pareille antithèse entre l'idée commune du Messie et l'idéal poursuivi par Jésus. La différence existait dans la réalité, mais la formule n'en a été trouvée qu'après coup.
Marc^ vni, 34, Et Matth. xvi,24. Alors Luc, ix, 23, l']t il dit
appelant la foule avec Jésus dit à ses disci- à tous : « Si quelqu'un
ses disciples, il leur pies : a Si quelqu'un veut marcher après
dit : a Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à
veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se
moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix lous
lui-même, qu'il se charge de sa croix, et les jours, et qu'il me
i. V. 22. iXcco^ oroi, xupie 'où p-r] sTcat <J0'. toOto. Ss. et trois mss. la t. ont aussi cette admonestation de Pierre dans Me. 29.
2. Me. 33. \J7za.^e. oTziauy jjiou, jaTava, oti oj çpovsîç rà tou ôeow àXXk zk twv àvOpfaSiccov.
3. V. 23. rjTZCLyt ônicrco (jiou, (jaiavôé, JxdtvBaXov eI ejJiou, on où çpoveî; xtX. (cf. xiii, 41; Is. VIII, 14). Rencontre involontaire avec I Cor. i, 23.