‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 193 sur 733 · V. 18. 5. à., Tt îcoir[aaç Ç. a. x · texte numérisé non relu

V. 18. 5. à., Tt îcoir[aaç Ç. a. x

4. V. 16. 8i8(xaxaX£,Tt àyaBôv 7roiT)ao> iva ay/a Çwtjv atctSviov; Ss. : « Bon maître,

quelle bonne chose » etc. ^

5. Passage conservé (en traduction latine) dans le commentaire d'Origène -^ sur s. Matthieu (in h. loc.) : « Dixit, inquit, ad eum alter divitum : « Magister, quid bonum faciens vivam ? » Dixit ei : « Homo, Legem et Prophetas fac. » Respondit ad eum : « Feci. » Dixit ei : « Vade, vende omnia quœ possides, et divide pauperibus et veni, sequere me. » Cœpit autem dives scalpere caput suum, et non placuit ei. Et dixit ad eum Dominus : « Quomodo dicis : Legem feci et Prophetas ? Quoniam scriptum est in Lege : Diliges proximum tuum sicut teipsum. Et ecce multi fratres tui, filii Abrahae, amicti sunt stercore, morientes prae famé, et domus tua plena est multis bonis, et non egreditur omnino aliquid ex ea ad eos. » Et conversus dixit Simoni, discipulo suo sedenti apud se : « Simon, fili Joannis, facilius est camelum intrare per foramen acus, quam divitem in regnum cœlorum ». L^Évangile des Hébreux contenait, avant le passage cité parOrigène, une histoire semblable, dont on ignore l'objet, peut-être Mt. viii, 19-20 (Le. ix, 57-58), ou Mt. xxii, 35-40.

6. Me. 18 (Le. 19). xi fjie Xé^ctç àY*6dv; ouôelç àyaôèç^i {itj eîç 6 ôêoç. 19 (20). xàç IvToXâç olSa;. Dans Luc, les mss. kB omettent Tarticle devant Qe6ç, Ce peut être une correction théologique, en vue d'appliquer le mot Osoç à Jésus lui-même.

A. LoiST. — Les Évangiles synoptiques, H. )4

bon? Un seul est bon. Mais si tu veux entrer dans la vie, garde les commandements ^ » L'interrogateur demande quels préceptes il doit garder, comme s'il avait besoin de connaître ceux dont Taccomplissement est requis pour arriver à la vie éternelle, parce que tous n'ont pas la même importance. Dans TEvangile des Hébreux, Jésus renvoie rinterrogateur à la Loi et aux Prophètes, sans énumérer les commandements, et sans aucune réflexion sur le mot « bon ». L'apocryphe aura éliminé une difficulté qui avait été atténuée dans le premier Evangile, tandis que Marc et Luc ont gardé le texte primitif de la réponse, où Jésus se défend d'être appelé bon, parce que cette épithète ne convient qu'à Dieu.

On a observé ^ que les réflexions sur le mot « bon », dans les trois Évangiles canoniques, ont quelque chose d'un peu subtil et d'inattendu, vu que le questionneur pouvait appeler Jésus bon, sans faire injure à Dieu, et l'interroger sur le bien à faire, sans oublier que Dieu est parfait. La réponse du Sauveur en Matthieu serait une combinaison de l'idée contenue dans Marc, avec une autre leçon plus ancienne, correspondant directement à la question posée : « Que dois-je faire de bon pour obtenir la vie éternelle? — Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon ? — Une seule chose est bonne, garder les commandements... — Je les ai gardés », etc. Supposé que la rédaction sémitique n'ait contenu, à l'endroit le plus important, que ces deux mots : « Un (est) bon », il n'y a qu'une chose véritablement bonne, comme il n'y en a qu'une véritablement nécessaire, observer la volonté de Dieu, et que Tinterprêté ait cru devoir appliquer ces mots à Dieu lui-même, il aura été induit à paraphraser la suite ; et Marc, pour mieux expliquer la réponse ainsi comprise, aurait modifié la question. Mais, outre que cette hypothèse est gratuite, elle méconnaît le rapport très clair de Matthieu avec Marc. La question : « Que ferai-je de bon ? » n'est pas naturelle, car il est certain d'avance qu'on ne peut mériter le royaume céleste qu'en faisant le bien. Matthieu a déplacé Tépi- :|hète « bon », et corrigé la repartie de Jésus, pour ne pas refuser la bonté au Christ, tout en serrant d'aussi près que possible la rédaction de Marc.

1. V. 17. xi {x£ ÈpwTaç Tispi tou ifaGou; tXç Itciv ô àyadd;* £Î 8i OiXciç Et; iV^v J^faTjv stafiXOeiv, TTJpTjaov Taç svxoXotç.

2. Rbsch, 1, 135; III, 496-499. Cf. Harnack, Chronologie, I, 6i9.

Jésus veut donner à celui qui lappelle « bon maître » une leçon préliminaire à la réponse demandée. Tout pénétré de la bonté de Dieu, il s'offense que son interlocuteur croie devoir lui attribuer, par manière de salutation et presque de flatterie, une qualité qui, dans la plénitude de sa signification morale (car il ne s^agit pas du bien métaphysique), ne convient qu'au Père céleste. La protestation n'a rien que de conforme à Tesprit de TEvangile. Dieu seul est la bonté^ la miséricorde personnifiée K On prête à Jésus une conception trop abstraite en lui faisant dire ^ que Dieu seul est moralement parfait, et que la valeur de l'homme en cette vie est toujours en voie de se réaliser, sans être jamais accomplie. Beaucoup de Pères et de commentateurs anciens ont pensé que le Sauveur, entrant dans la pensée de son interlocuteur, lui reprochait d'avoir employé le mot « bon » dans un sens relatif, au lieu de l'avoir employé au sens absolu, comme il convenait en s'adressant au Fils de Dieu ^. Les modernes * admettent volontiers que Jésus raisonne conformément aux idées de celui à qui il s'adresse, mais sans rejeter ni revendiquer pour lui-même la bonté absolue. Explication moins forcée que la précédente. Mais les paroles du Sauveur ne tendent-elles pas à attribuer la bonté à Dieu, dans un sens qui n'appartient pas à Jésus lui-même? et si ces paroles sont authentiques, les auditeurs ont-ils pu les comprendre autrement? Jésus se reconnaît homme devant Dieu.

La pensée est différente dans Matthieu, où il ne s'agit pas précisément de bonté miséricordieuse, mais de perfection morale : Jésus paraît déclarer que la question sur le bien à faire est inutile ; on ne doit pas ignorer que Dieu seul est bon, et que la perfection consiste à suivre sa volonté, qui est bonne comme lui.

L'énumération des commandements, pris dans la partie du décalogue concernant les devoirs envers le prochain ^, est à peu près la

Page 1