B. Weiss, L/c
2. V. 28. ujjteï; 8È lare oi 8ia|ji6|X£VYixoT£ç (jL£T*e|iovî iv xoïç TCsipotjjjLoi; p.ou. Cf. p. 243, n. 3. 0[jLSiç oi n'oppose pas les disciples Qdèles à des disciples infidèles ou à JudaSf mais les disciples présents à Jésus lui-même, lyoS, v. 27.
3. D, Ss. Se. etc. ont « douze trônes >>, ici comme dans Mt. xix, 20, et par son influence, à moins que ce ne soit la tradition, et non l'évangéliste, qui ait supprimé le chiffre dans Luc, à cause de Judas. 11 est bien difficile de croire (avec B. Weiss, Lk. 640) que Luc soit primitif relativement à Matthieu.
4. V. 29. xàYw oiaTiôe{xai ujiïv xaôà)ç ôtéOfiid {xoi ô ;caTTip |xou ^aaiXciav. Écho de la ôiaÔTfxT) dont parle Me. xiv, 24.
5. V. 30. i'va ëaÔriTe... ev Tji pxaiXefa ;jloj. Ss. : « pour que vous mangiez et buviez avec moi » etc.
l'avenir du fils de l'homme 245
cours convient mieux au Christ glorieux qu'au Christ de l'histoire. Dans Matthieu, il n'est question que du jugement, non du festin messianique. La mention du festin aura été introduite ici pour le raccord avec la cène eucharistique ^ On a supposé *^ que Luc avait pu avoir en vue, comme Matthieu, une participation des apôtres au jugement dernier. Cependant Tévangéliste semble avoir songé, conformément à la source primitive, à un privilège ordinaire, non à une (onction transitoire. Mais on ne saurait dire s'il entendait que les apôtres régneraient sur tous les élus, les Gentils étant incorporés aux tribus d'Israël, ou bien sur celles-ci seulement, que Jésus lui-même avait en vue, sans égard aux Gentils. Par la forme toute personnelle qu'il donne à cette attribution des trônes, Luc a fait en sorte que Jésus, qui se refusait, dans Marc, à déterminer la place de ses apôtres dans le royaume, dispose d'avance et souverainement de ces places pour les assigner à ses fidèles. Le texte de la promesse dans Matthieu ne suppose que la destination providentielle des douze trônes aux douze apôtres.
Il y avait donc une tradition qui promettait des trônes aux douze apôtres, et une autre qui, peut-être à propos des trônes convoités, invitait les apôtres à se regarder comme les serviteurs de leurs frères, à l'exemple de leur Maître. Marc n'a connu ou voulu retenir que la seconde. Matthieu a connu et retenu les deux, mais il les exploite séparément. Luc met bout à bout les deux traditions, avec une suture de sa façon. Toutes les deux peuvent être authentiques, attendu qu'elles sont également conformes à l'esprit de Jésus ; mais elles n'ont pas le même objet ; car la promesse des trônes concerne le rôle des apôtres quand arrivera le règne de Dieu, et l'obligation du service concerne aussi leur devoir dans le présent. La combinaison de cette leçon avec la demande des Zébédéides étant artificielle, la source de Luc serait primitive relativement à Marc. Aux prétentions qui se manifestaient dans le sein du collège apostolique Jésus aurait répondu en rappelant la loi du sacrifice évangélique. La requête des ^Zébédéides, qui remplace dans Marc la promesse des trônes, serait suspecte comme tradition historique. Luc doit avoir aussi mieux gardé le texte de la leçon.
i. B. Weiss, Lk, 639. Ce commentateur observe avec raison qu'il n'est pas du tout nécessaire d'être associé à la royauté pour manger avec le roi. 2. J. Weiss, L/c. 623.
11 est remarquable que Luc n'ait pas subi en ce point Tinfluence du second Évangile. Ou bien il n'a pas connu la rédaction actuelle, ou plutôt il a connu une source ou une rédaction plus ancienne, qu'il jugeait plus autorisée que celle-ci. On a vu plus haut que Marc lui-même présente un doublet, Tincident des Zébédéides et la leçon qui s'y rattache se trouvant correspondre à ce qui a été raconté d'une querelle des disciples et de lavertissement touchant le premier qui doit se faire dernier et serviteur. Le rédacteur a gardé le développement de la leçon morale pour Tincident des Zébédéides, mais Tautre récit paraît primitif relativement à cet incident, et il a du être anticipé et écourté, soit qu'il appartienne au fond original de Marc, soit qu'il ait été emprunté au recueil de discours. Dans un cas comme dans lautre, l'incident des Zébédéides pourrait être une tradition historique plus précise que celle du recueil, mais l'idée d'une interprétation tendancieuse des données traditionnelles semble aussi devoir être prise en considération *.
l. Cf. I, 96.