J. Weiss, Lk
6. V. 8. «rraOel; ôe Zax/aîoç êTjcsv Tcpôç xov xupiov (Ss. : « à Jésus ») ne marque pas la solennité du discours ; on y relèverait plutôt un embarras de la transition entre la donnée générale du v. 7, et la leçon particulière que Luc veut amener. Zachée est en face de Jésus, et lui parlant, dans sa maison.
cer une grave décision qu'il vient de prendre sous Timpression profonde que lui avait causée la présence de Jésus dans sa demeure, ou tout simplement la condescendance ^ que le Sauveur a témoignée en venant chez lui. Sachant que sa fortune a été en partie mal acquise, il est résolu à réparer autant qu'il est en lui les torts généraux ou particuliers causés à son prochain. Par une sorte de restitution générale, il donnera la moitié de ses biens aux pauvres. Quant à ceux dont il a extorqué plus qu'ils ne devaient légitimement, il leur rendra au quadruple ce qu'il leur a pris. C'était la proportion établie par la Loi pour la compensation d'un vol ^ ; pour les cas de fraude, la législation du Pentateuque exigeait seulement un cinquième en plus du dommage causé ^. Zachée renonçait-il en même temps à son emploi ? C'est ce qu'il est impossible de savoir. L'évangéliste se soucie beaucoup moins de renseigner son lecteur sur la vie de Zachée, que de montrer en sa personne l'exemple d'un publicain sauvé, c'est-à-dire du païen converti, et du bon fidèle qui, maintenant, dans l'Eglise, donne son bien aux pauvres. C'est peut-être pour ce motif que l'on ne dit pas de Zachée qu'il ait suivi Jésus, comme on l'a dit pour l'aveugle de Jéricho.
La déclaration finale du Christ, réponse indirecte aux critiques dont sa propre conduite venait d'être Tobjet, est destinée à faire valoir la miséricorde divine à l'égard des pécheurs. Cette réponse n'est pas bien amenée, et elle manque d'unité : on la dirait faite de deux morceaux, pour répondre à la double préoccupation qui s'est fait jour antérieurement dans le récit ^. Jésus observe ^ que Zachée s'est montré vrai fils d'Abraham par la foi et le repentir : ainsi convient-il que le salut soit entré avec le Sauveur dans sa maison ^. Et pourquoi donc le Fils de l'homme vient-il, si ce n'est