‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 306 sur 733 · XI, 18 ; supr. p · texte numérisé non relu

XI, 18 ; supr. p

LE GRAND COMMANDEMENT Marc, xii, 28-34. Matth. xxii, 34-40. Luc, x, 23-37; xx, 39-40.

Marc et Matthieu signalent parmi les incidents du ministère hiérosolymitain une question de pure doctrine qui aurait été posée au Sauveur touchant le principal commandement de la Loi. La même anecdote, sous une forme un peu différente, est rapportée plus haut dans le troisième Évangile, qui y rattache la parabole du Samaritain.

Marc, xii. '28. Et s'étant approché, un des scribes, qui avait entendu leur dispute, voyant qu'il leur avait bien répondu, lui demanda : « Quel est le premier commandement de tous? » 29.

Jésus répondit : « Le premier,c'est: «Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur; 30. et tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit, de toute ta force. » 31. Le second est celui-ci : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Il n'y a aucun autre commandement plus grand que ceux-là. »

Matth. xxii, 34. Et les pharisiens, apprenant qu'il avait fait taire les sadducéens, se rassemblèrent ; 35. et Tun deux, docteur de la Loi, lui demanda, pour l'éprouver : 36.

« Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi? » 37.

Et il lui dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit. » 38.

C'est le plus grand et le premier commandement. 39. Un second lui est semblable : a Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

40. C'est à ces deux commandements que toute la Loi se rattache, ainsi que les Prophètes. »

Luc, X, 25. Et voici qu'un docteur de la Loi se leva, voulant l'éprouver, (et) disant :

« Maître, que dois-je faire pour posséder la vie éternelle ? » 26. Et il lui dit: « Qu'y a-t-il d'écrit dans la Loi?

Qu'y lis-tu? » 27. Et lui, répondant, dit :

M Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » 28. Et il lui dit : « Tu as bien répondu. Fais cela et tu vivras. »

Marc, xii, 32. Et le scribe lui dit : Luc, xx, 39. Et prenant la parole,

M Bien, maître, tu as dit avec rai- quelques-uns des scribes dirent : son qu'il (Dieu) est unique, et qu'il « Maître, tu as bien parlé. » 40. ny en a pas d'autre que lui ; 33. et Car ils n'osaient plus rien lui de- Tairaer de tout (son) cœur, de mander.

toute (son) intelligence, de toute (sa) force, et aimer (son) prochain comme soi-même vaut mieux que tous les holocaustes et les sacrifices. » 34. Et Jésus, voyant qu'il avait répondu sagement, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. .» Et nul n'osait plus l'interroger.

Marc suppose qu'un scribe avait entendu la conversation du Sauveur avec les sadducéens^ Comme les pharisiens défendaient contre ceux-ci la croyance à la résurrection, ils ne pouvaient qu'être flattés qu'on les eût réduits au silence. L'un d'eux aurait donc été ainsi encouragé à questionner Jésus sur un point important, ou jugé tel dans les disputes de l'école, à savoir quel était le premier ou le plus grand commandement de la Loi. On sent que l'interrogateur est un casuiste ; mais la suite montre que l'évangéliste a voulu le présenter comme une âme droite et sincèrement religieuse. Jésus lui répond en citant les passages du Deutéronome '^ et du Lévitique ^, concernant l'amour de Dieu et l'amour du prochain. Marc donne le premier précepte avec le préambule solennel : « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. » La formule entière est

• 1. V. 28. ei; Toiv Ypxu.[iaTiw/, àxouaa; aurôv <j;>v3^r)T0JVTwv, eîÔcS; (AB ; ^{CDL, mss. lat. Vg. î8(ov) oxi xtX.

2. VI, 4-5. Hébr, : « Tu aimeras lahvé ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton pouvoir. » LXX : sÇ oXtjç if)? ôiavoi'a; aou xat iÇ oXr)ç ■zf^q <|rjyT)ç <JOu xal èÇ oXtjç xr^ç 8uvàp.£(ii; jou. Mc. 30. èf oXt); t^ç xapôt'a; aou x. ê. o. t. •^, a. xal IÇ oXti; xr\q ôiavowtç aou xal âÇ oXt); tî^ç ioyuo; aou. Les LXX emploient de même îoyu; dans II Rois, xxiii, 25. La citation de Marc semble donc faite d'après l'hébreu ; x. c. o. x, oiïvoiaç aou, qui fait double emploi avec x. e. o. t. xip5iaç aou, et qui manque dans D (Ss. quelques mss. lat.), au lieu d'être dû à l'influence des LXX, pourrait n'être pas primitif dans Marc. Cependant, comme Le. x, 27 a le même doublet, et que Mt. 37 lit Iv oXr) x^ ôtavoia aou, sans rien qui corresponde au quatrième membre de Marc, la leçon commune semble devoir être maintenue. D'autre part, l'emploi de èv, au lieu de eÇ, dans Matthieu et dans Luc (sauf pour le premier membre de l'énumération), qu'on trouve aussi dans Il Rois, xxin,25 (supr, cit.), est conforme à l'hébreu. On peut donc soupçonner derrière les trois Synoptiques une source qui contenait la citation tout entière selon l'hébreu.

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