Cf. ScHANz, Ml
Cette malédiction n'a pas la formule ordinaire : « Scribes et pharisiens hypocrites », et elle se développe en instruction sur le serment. Bien que Luc ait pu encore la négliger comme étant de casuistique juive, elle a pu aussi être ajoutée par un rédacteur. Ainsi s'expliquerait la différence qu'elle présente à legard des autres, tant pour l'ordonnance extérieure que pour le contenu. Le sujet a déjà été traité dans le discours sur la montagne ^ non sans quelque mélange de glose rédactionnelle. On peut admettre aussi bien ici une donnée de tradition, peut-être la même, accommodée au discours et diluée par Tévangéliste. Mais celui-ci oublie-t-il qu'il a recommandé de faire ce que disent les pharisiens, ou bien le passage doit-il être attribué à une main plus récente, qui aura emprunté les « conducteurs aveugles » à un autre discours 2 ?
Les scribes discutaient si le serment par l'or du temple était plus sacré que le serment par le temple lui-même ; si le serment par la victime était plus sacré que le serment par Tautel. Ils répondaient affirmativement pour les deux cas. Il est évident par le second que l'avarice ne motivait pas la solution du premier. Les docteurs faisaient peut-être réflexion que l'or et les victimes étaient consacrés à Dieu plus immédiatement que le temple et l'autel. L'or, en effet, ne doit probablement pas s'entendre de la monnaie déposée au trésor, qui était plutôt d'argent ou de cuivre ^, mais d'ornements et de vases, peut-être d'ex-voto. Jésus combat la conclusion par le principe même sur lequel on essayait de l'appuyer ^. Dieu n'a que faire de l'or ni des victimes. L'or est consacré par sa présence dans le temple, qui est le séjour de Dieu; la victime est consacrée par l'oblation, qui ne peut se faire ailleurs que sur l'autel du temple. Si donc il y avait une distinction à établir, on devrait conclure dans le sens opposé aux pharisiens. Mais Jésus n'admet pas ces distinctions, qui rabaissent la majesté divine invoquée dans tout serment. Celui qui jure par l'autel jure aussi bien par la victime; il jure