HoLTZMANN, 279. Cf. Me. xir
4. nDL (Ss. Se. Vg.) ont seulement tu^Xot au commencement du v. 16. BC, etc. ont (itopol xai tu^Xoi, d'après le v. 17.
par Dieu à qui autel et victime sont voués. Au lieu de reprendre l'exemple du temple et de Tor, le Sauveur, à moins que ce ne soit Tévangëliste, ramène l'exemple du ciel et du trône de Dieu, cité dans le discours sur la montagne : temple et ciel sont consacrés Tun et l'autre par la présence du Très-Haut. Il n'est pas question ici d'interdire le serment. Jésus critique ce qui se passe chez les pharisiens, il ne règle pas ce qui devra se faire chez les disciples de rÉvangile. L'enseignement reste incomplet, et, pour en saisir la portée, il faut sous-entendre ce qu'on lit dans le discours sur la montagne. Indice non équivoque de rédaction secondaire.
Matth. xxui, 23. « Malheur à . Luc, xi, 42. « Mais malheur à vous, à vous, scribes et pharisiens hypo- pharisiens, parce que vous payez crites, parce que vous payez la dîme la dîme de la menthe, de la rue et de la menthe, de Taneth et du de tous les légumes, et que vous cumin , et que vous négligez les négligez la justice et Tamour de choses plus importantes de la Loi, Dieu! [C'est ceci qu'il fallait pratila justice, la miséricorde, la bonne quer, sans omettre cela. »] foi ! C'est ceci qu'il fallait pratiquer, sans omettre cela. 24. Conducteurs aveugles, qui. filtrez le moucheron et avalez le chameau! »
L'hypocrisie des pharisiens éclate encore dans la minutie avec laquelle ils s'acquittent de la dîme. La Loi ^ réclamait le dixième des grains et des fruits de la terre. Dans leur zèle affecté, les pharisiens livrent jusqu'à la dîme dès herbes potagères. Ce scrupule pourrait n'être pas blâmable en lui-même, et, d'après le texte, Jésus l'aurait approuvé, mais il devient odieux et ridicule chez des gens qui violent les préceptes fondamentaux de la Loi : la justice envers tous, et le respect du droit, la miséricorde envers les pauvres, la sincérité dans les discours, la fidélité dans les engagements. Comprendre ainsi la religion, c'est sacrifier le principal à l'accessoire. Que penser de gens méticuleux sur des vétilles, et qui négligent constamment les plus grands devoirs ? Ils filtrent le moucheron, pour ne pas se souiller, en buvant, par le contact d'un insecte impur, mais on peut bien dire qu'ils avalent, sans sourciller, le chameau, impur aussi et incomparablement plus gros. Le dicton devait être populaire, et Jésus n'a fait sans doute que l'appliquer aux pharisiens. De là vient la trivialité de l'expression.
1. Lév. XXVII, 30; NoMBR. xviii, 12; Deux, xii, 6; xiv, 22-23.
Cette malédiction, qui est la quatrième dans Matthieu, est la première de celles que Luc fait adresser aux pharisiens. Le rédacteur du troisième Évangile a remplacé l'aneth par la rue, et le cumin par les légumes en général. A la justice, à la miséricorde et à la bonne foi se substitue Tamour de Dieu, en sorte que Jésus rappelle les deux grands préceptes de la Loi *. Ce peut être une correction voulue ; mais Matthieu pourrait bien aussi avoir imité le langage de TAncien Testament^. Si Luc a trouvé dans sa source la comparaison du moucheron et du chameau, il a pu la négliger parce qu'elle ne satisfaisait pas son goût. La réflexion : « Il fallait faire ceci et ne pas négliger cela », manque dans le manuscrit de Cambridge. Luc, assurément, était capable de l'omettre à cause de sa signification judaïsante. Mais cette signification même, si accentuée que la parole est invraisemblable dans la bouche de Jésus, peut donner à penser que la remarque n'est point primitive. Jésus s'est moqué des gens qui payaient la dîme de la menthe, et qui filtraient les moucherons, il n'a pas dû les approuver. Le texte ordinaire de Luc pourrait donc avoir été complété très anciennement par celui de Matthieu.
Matth. xxni, 25. « Malheur à Luc, xi, 39. « Vous autres, pha-
vous, scribes et pharisiens hypo- risiens, vous nettoyez Textérieur de
crites, parce que vous nettoyez Tex- la coupe et du plat; mais votre inté-
térieur de la coupe et du plat, qui, à rieur est plein de rapine et de
à rintérieur, sont remplis par la méchanceté. 40. Insensés I Celui qui
rapine et Tavarice! 26. Pharisien a fait le dehors n'a-t-il pas fait aussi
aveugle, nettoie d'abord Tintérieur le dedans? 41. Donnez donc en
de la coupe et du plat, afin que l'ex- aumônes ce que vous pouvez, et
térieur soit net aussi. » ainsi tout sera pur. »
Les pharisiens veillaient scrupuleusement à la propreté des ustensiles qui leur servaient pour les repas, afin de les préserver et de se préserver eux-mêmes de l'impureté légale. Cependant leurs plats et leurs coupes se remplissent en fait par la rapine et une insatiable avidité du bien d'autrui ^, Que signifie la pureté du vase, si