‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 422 sur 733 · V. 14. Toùç tôiouç SoiSXouç · texte numérisé non relu

V. 14. Toùç tôiouç SoiSXouç

les esclaves qui vivaient dans sa maison, et non des mercenaires à ^ges; il leur confie sa fortune, ou du moins ce qu'il possède en argent comptant, à savoir huit talents *, dans la pensée qu'ils le feront valoir au mieux de ses intérêts, donnant à chacun selon les capacités qu'il lui connaît, à un premier serviteur cinq talents, à un autre deux, à un troisième un talent seulement. Ce partage fait, le maître s'en va. L'adverbe « aussitôt^ », que la plupart des témoins rattachent à la proposition qui le précède, est rapporté par quelquesuns, et avec plus de raison, à la phrase suivante : l'empressement que le maître mettrait à partir n'a aucune signification dans la parabole, car on n'a pas besoin d'insister sur la confiance qu'il témoigne à ses serviteurs 3, tandis que l'activité du premier d'entre eux est mise en relief si on lit : « Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla faire du négoce. » Les trois serviteurs pourraient ^

avoir été cités à titre d'exemple ; mais Matthieu n'en attribue pas ^

davantage au maître, bien que ce ne soit pas trop de trois :I|^

esclaves pour un homme qui a autant d'argent disponible. Le maître '1

connaît les aptitudes de ses gens, et, quoiqu'il fût libre de partager ;|

la somme selon sa fantaisie, il règle la distribution d'après leurs x*

capacités ; celui qui n'a reçu qu'un talent est jugé moins habile que ^

les autres, mais non incapable de faire valoir ce qui lui est remis. Il va de soi que les serviteurs doivent comprendre pourquoi le maître lem* confie son trésor ; s'il n'a rien dit de l'emploi qu'on en devait faire, c'est qu'il s'en rapporte au zèle et à l'initiative de chacun.

La parabole de Luc met en scène un homme de haute naissance ^, un prince, qui dut aller dans un pays lointain prendre possession d'un royaume, c'est-à-dire en recevoir l'investiture, afin de revenir ensuite le gouverner. On a besoin, pour comprendre ce trait, de se rappeler la situation d'Hérode et de ses descendants à l'égard de Rome, dont ils tenaient leur autorité. Plusieurs princes hérodiens firent ainsi le voyage d'Italie, pour obtenir la reconnaissance de

Page 1