‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 433 sur 733 · Cf. Mt. XIII, 37, 43; 47-50; xviii · texte numérisé non relu

Cf. Mt. XIII, 37, 43; 47-50; xviii

2. V. 15. la formule : lxa<jTw x.axk tt(v î8(av 8uva{i.tv, pourrait se détacher du contexte sans inconvénient, mais elle s'y rattache aussi sans difficulté.

semblable : les mines sont restées dans le récit parce qu'elles y étaient avant les additions concernant la personne du roi. On a pu substituer les talents aux mines pour faire valoir Texcellence des dons divins. D'autre part, la proportion du gain relativement à la somme confiée paraît exagérée dans le troisième Evangile, et l'on a pu constater que Luc lui-même suppose, à la fin du récit, ime autre combinaison que celle qu'il a indiquée au début. Il est certain que le premier serviteur rapportait seulement dix mines, et qu'il n'en avait pas gagné dix avec une seule, comme Luc le dit d'abord. Le gain devait être en rapport avec la quotité de la mise, de façon que le profit ne semblât pas dépendre uniquement de l'activité personnelle du serviteur. Luc a voulu faire entendre que le premier serviteur avait su gagner dix mines dans le même temps que le second en avait gagné cinq. La combinaison de Matthieu semble moins réfléchie et plus naturelle : le serviteur qui a cinq gagne cinq ; celui qui a deux gagne deux. On ne peut pas dire qu'une mine est une trop petite somme pour être déposée chez un banquier * de ce tempslà. La déclaration . « tu as été fidèle pour peu de chose », convient mieux à une somme peu considérable qu'à plusieurs talents, et il serait arbitraire de supposer que cette parole même aurait causé la substitution des mines aux talents, car les deux évangélistes ont vu dans la somme d'argent la figure d'une très grande chose, l'Evangile, la grâce de Dieu et la promesse du royaume, et c'est la tradition qui leur impose à tous deux « le peu de chose » . Le récit primitif opposait « peu » à « beaucoup », comme dans Matthieu, sans autre addition, et Luc a introduit « des « villes » à la place de « beaucoup » .

Il est donc probable que la parabole mettait en scène un homme de condition aisée, sans être opulente, qui, s'en allant en voyage, avait confié à ses trois serviteurs, ou à trois de ses serviteurs, huit mines, cinq à l'un, deux à l'autre, et une au troisième ; revenu au bout d'un certain temps, il trouva que les deux premiers avaient doublé leur petit capital, et que l'autre n'avait cherché à rien gagner; il félicitait les deux premiers, et il retirait la mine du troisième pour la donner au premier, en vertu de l'adage : « on donne à qui

1. Difficulté que Jûlicher, II, 494, propose sans s'y arrêter. Le même auteur cite avec raison Mt. xviii, 23-24, supr, p. 95 pour montrer que le rédacteur du premier Evangile aime les grosses sommes.

possède », qui avait sa vraie place dans cette conclusion, où Marc * est venu le chercher pour en faire une application conforme au sens que Matthieu et Luc lui attribuent ici.

On a supposé fort gratuitement que Jésus aurait recommandé par cet apologue le bon usage des biens terrestres en vue du royaume des cieux ^, et Ton croyait éviter ainsi une application qui ne s'accorde pas avec la théorie protestante du salut par la foi seule. Rien n'indique une pareille limitation dans l'objet de la parabole ; et quand même elle existerait, les aumônes seraient toujours présentées comme un mérite dont le royaume serait la récompense. Il y aurait plutôt à considérer Tidée que Jésus se fait de la vie : activité féconde dans Tordre de la nature, et qui doit l'être également dans Tordre religieux et moral ^. Cette conception doit être plus vraie et posséder une valeur plus durable que toutes les théories abstraites. Elle garantit à la parabole de Jésus une profondeur et une originalité qui la mettent bien au-dessus de tous les récits qui, dans T Évangile des Hébreux, la littérature rabbinique, ou la littérature bouddhique, roulent sur un thème analogue, et qu'on a essayé de lui comparer ^.

Matth, XXV, 31. « Et quand le Fils de Thomme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s'assiéra sur son trône de gloire, 32. et toutes les

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