‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 477 sur 733 · Cor. xi, 25. jj-eià tô 56i;:v^<jai · texte numérisé non relu

Cor. xi, 25. jj-eià tô 56i;:v^<jai

apprécier le sens et la valeur des mots. Or il paraît évident que, dans la pensée de Paul, la représentation symbolique de la mort prime, sans Texclure, et, à vrai dire même, en l'impliquant, Tidée de la communion réelle au Christ toujours vivant. Paul ne dit-il pas assez clairement que les paroles : « Ceci est mon corps », « Cette coupe est la nouvelle alliance dans mon sang », figurent la mort du Christ, comme la cène chrétienne la rappelle ^ ? Mais la notion de l'eucharistie n'est pas épuisée dans la figure et dans le souvenir, attendu que la participation au pain et au calice est une communion réelle au Christ ^, et que, si la participation aux éléments de la cène est un symbole, la communion dont ils sont le moyen n'est pas une simple image ou un souvenir vide, mais une réalité spirituelle. Les paroles prononcées sur la coupe expriment une idée suggérée déjà par la fraction du pain, mais que les paroles : a Ceci est mon corps », contenaient seulement d'une manière implicite. Le vin contenu dans la coupe devient le sang du Sauveur, le sang de Talliance, « répandu pour plusieurs », afin de procurer « la rémission des péchés ». En prenant à la lettre le récit de Marc, Jésus n'aurait donné cette explication qu'après avoir fait circuler la coupe, et lorsque tous les apôtres y afvaient bu ^. On est obligé d'admettre que la^ narration du second Evangile anticipe sur le discours, et que le rédacteur du premier a eu raison de faire prononcer les paroles aiL moment où Jésus présente la coupe à ses disciples ^. La formule:

1. Ce double caractère et la signification du mémorial eucharistique sont indiqués dans I Cor. xi, 26 : ojdtyi; yàp sàv k<jQir\zi tÔv aptov tootov xal xô TîOTTJpiov :rtv7iT£, tÔv Oavarov tou xjpi'ou xaraffiXÀsTC ayoi ou cXOr). L'emploi du mot 6<JTÎv,dans les formules eucharistiques, est conforme à Gal. iv, 24 ; Hébr. x, 20; Me. iv, i5-20 et parallèles (explication allégorique du Semeur) ; Le. xii, i ; Jn. xiv, 6; XV, 1, 5 ; mais non au langage ordinaire du Christ, et si la formule est aisée à expliquer relativement à la pensée de Paul, elle Test beaucoup moins eu égard à la réalité historique du dernier repas. L'analogie (relevée par Holtzmann, 99) entre ce symbolisme et Jn. xiii, 1-20, xx, 22, au lieu de confirmer le caractère historique de nos récits, tend à le compromettre.

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