Cf. I Cor. x, 16-17, et vi
6. Hoi.TZMANN, 290-291 ; Wernle, 145. On peut voir, dans le canon de la
Christ est dit « répandu pour plusieurs », et non pour tous, vu que « plusieurs » ne signifie pas Texclusion de la totalité, et qu'il y a simplement antithèse entre Tunique mourant et la masse sauvée par sa mort *.
L'idée qui domine le récit de la cène dans les Synoptiques est que Teucharistie devient la vraie pâque des enfants de Dieu, le vrai « sang de Talliance ^ » ; et Feucharistie est cela parce qu'elle figure et qu'elle est, en quelque façon, le Sauveur immolé pour le salut des hommes, comme Tagneau pascal a été immolé jadis pour le salut d'Israël. L'ancienne alliance, celle d'Israël avec son Dieu, a été conclue dans le sang des animaux; la nouvelle alliance, celle des élus avec le Père qui est aux cieux, se conclut dans le sang que Jésus a répandu en mourant. Les Israélites, qui mangèrent Tagneau pascal, et qui avaient leurs portes marquées de son sang, échappèrent à la mort qui frappa tous les premiers-nés des Égyptiens^ : les fidèles, qui communient au corps et au sang de Jésus dans Teucharistie, reçoivent le gage de la vie éternelle. Cette conception de l'eucharistie, est déjà dans Paul ^. La notion du sacrifice y est aussi apparente que celle de la communion à Jésus, tandis que cette dernière notion prime l'autre dans le quatrième Evangile et dans la tradition de l'Église primitive, comme elle a dû être aussi en rapport plus direct avec la réalité historique du dernier repas.
Le Sauveur, en distribuant la coupe à ses disciples, déclare qu'il ne boira plus de vin en ce monde ^, c'est-à-dire que le repas qu'il fait avec ses apôtres est le dernier. On remarquera que l'expres-
messe latine, que l'Église elle-même a traité pendant longtemps les paroles traditionnelles avec une assez grande liberté. Comparer les deux recensions de l'Oraison dominicale, I, 596-597.